⭐ Confiance ⭐ Respect Mutuel ⭐ Gentillesse ⭐
Je m’appelle Johan Hofmans. Je suis né à Schiedam, aux Pays-Bas, en 1955, et je suis installé en France depuis 1984, à Obersteinbach — au nord de l’Alsace, à la croisée de l’Allemagne, de la Lorraine et des Vosges du Nord.
Je suis marié depuis 1991 avec Sylvie-Anne Hofmans Hege, qui évolue elle aussi dans le milieu du cheval (BEES 1, guide de tourisme équestre, éducatrice spécialisée, etc.). Nous avons trois enfants : Florie-Anne, Suzie et Léon.
🌱 Ton parcours ?
Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été intéressé par l’équitation — avec aussi un peu de judo, ce qui s’est avéré utile pour apprendre à bien tomber. J’ai débuté en équitation classique : dressage, CSO, cross, carrousel.
Aux Pays-Bas, je montais chez un propriétaire d’entreprise de déménagement qui utilisait autrefois des chevaux. Avec le temps, ils avaient été remplacés par les camions, mais le propriétaire voulait conserver les chevaux par nostalgie. Pour couvrir les frais d’entretien, il a donc créé un centre équestre, avec une quinzaine de chevaux environ.
Il aimait acheter des chevaux au marché à bestiaux, souvent à petit prix — ce qui signifiait la plupart du temps des chevaux « à problèmes ».
Vers l’âge de 14 ans, j’ai eu la chance d’être invité dans le groupe des cavaliers pour aller en concours. J’étais le plus jeune de la bande, et nous étions une vraie équipe de copains. Notre enseignant à l’époque était le chef de la police montée de Rotterdam.
L’entraînement était plutôt « à la dure », autant pour les cavaliers que pour les chevaux. Pas de temps pour se plaindre après une chute : on devait immédiatement remonter. J’aimais beaucoup jouer avec mon cheval, mais le responsable avait expliqué à mes parents qu’un cheval n’est pas un chien, et qu’on n’est pas là pour « jouer ».
Vers mes 20 ans, le club a fermé, et je n’avais pas envie d’aller monter ailleurs. Après mes études, j’ai travaillé trois ans dans une banque agricole, puis je suis devenu gérant dans l’entreprise de mon père afin d’assurer la fin de l’activité, car il était atteint d’une maladie très grave.
Un jour, en répondant à une annonce de journal, je suis parti en Ardèche. Après de multiples mensonges de mon associé, j’ai fini par acheter une jument Fjord gestante, avec l’idée de proposer des vacances en roulotte pour les familles. Mais après un ultime mensonge, je me suis retrouvé sans domicile fixe.
J’ai alors contacté l’association Fjords de France pour pouvoir vendre la jument et le poulain, et retourner aux Pays-Bas. Pour moi, l’aventure était terminée.
J’ai livré la jument et le poulain en Alsace chez l’acheteur, Richard Gerst, vice-président de l’association Fjords de France. À ce moment-là, l’association cherchait depuis près de 15 ans quelqu’un prêt à créer un centre équestre avec des Fjords pour mieux faire connaître la race — et c’est ainsi que l’idée a commencé à prendre forme. Pendant la période de construction du centre, j’ai débardé en forêt avec des chevaux.
A cette époque, le grand défi a été d’accomplir un rêve : créer mon propre centre à partir de rien, avec très peu de moyens, et en faire un lieu de paix pour les chevaux comme pour les humains.
J’ai finalement obtenu le statut de loueur agréé, puis l’ATE (Accompagnateur de Tourisme Équestre), le BEES 1 (Brevet d’État d’Éducateur Sportif 1er degré), le diplôme d’Instructeur Monty Roberts, et suis devenu expert en éthologie de la FFE.
🤝 Ta rencontre avec Monty Roberts ?
J’ai toujours été impressionné par les « chuchoteurs ». Un jour, par hasard, je suis tombé sur une émission où Monty Roberts éduquait un mustang en pleine nature sauvage. On y voyait aussi qu’il vivait avec sa femme et qu’ils accueillaient des jeunes en difficulté — exactement ce que ma femme et moi faisions à l’époque.
À ce moment-là, j’ai dit à ma femme que je devais absolument le rencontrer.
Les choses n’ont pas été simples : il y a eu plusieurs obstacles pour pouvoir partir, des soucis avec mon passeport, puis mon entrée sur le territoire américain a même été temporairement refusée. Malgré tout, j’ai fini par réussir à passer la frontière.
Je ne pouvais venir que pour trois mois. Après de nombreux échanges et difficultés administratives, le responsable chez Monty Roberts a finalement accepté ma candidature — mais avec une condition très claire : soit je réussissais, soit je devais rentrer en France.
À la fin des trois mois, chacun des candidats encore présents devait retourner dans son pays pour préparer la phase suivante, qui comportait plusieurs épreuves :
– expliquer comment il allait enseigner la méthode Monty Roberts dans son propre pays ;
– réaliser un join-up complet avec un cheval non débourré tiré au sort ;
– passer un examen écrit ;
– passer un entretien/tutoriel avec Monty Roberts en personne ;
– enseigner la méthode à des clients sur place ;
– charger dans un van un cheval non débourré, également tiré au sort.
Peu de temps avant mon examen, Monty Roberts avait réalisé pour la première fois une démonstration avec un mustang. Et lors du tirage au sort pour l’épreuve finale, le hasard a fait que je suis tombé sur ce même mustang. C’était un immense défi.
Pendant le tutoriel avec Monty, tout s’est très bien passé. Il m’a même proposé de poursuivre ma formation une semaine supplémentaire chez une instructrice en Angleterre — ce que j’ai fait, avec succès.
À l’issue de tout cela, j’ai finalement obtenu mon diplôme.
Et comme une belle conclusion à cette aventure, Monty est même venu nous rendre visite à la maison par la suite.
Cette étape de ma vie n’a pas été simple, ni pour moi ni pour ma famille. Pendant mon séjour aux États-Unis, ma femme gérait tout en France : la famille d’accueil, nos enfants, le centre équestre, et en plus les problèmes administratifs liés à mon passeport avec l’ambassade des États-Unis à Paris.
Normalement, la formation de Monty Roberts s’effectue sur plusieurs années, avec des allers-retours réguliers entre les différents modules. Et en principe, il faut également être invité pour accéder à l’Instructor Course.
Malgré cela, Monty a toujours dit que si quelqu’un en a réellement les capacités, il peut aller directement jusqu’aux examens finaux. J’ai eu la chance de pouvoir saisir cette opportunité — même si les conditions et le rythme étaient particulièrement exigeants.
Tous les diplômes que j’ai passés m’ont apporté quelque chose, chacun à sa manière.
Mais l’expérience la plus formatrice a été, sans aucun doute, mon passage chez Monty Roberts. J’y ai appris autant sur la psychologie des chevaux que sur celle des humains. Le diplôme Monty Roberts n’étant pas reconnu en France, il était essentiel pour moi d’obtenir également le monitorat afin de pouvoir enseigner légalement, et aussi d’obtenir le statut d’expert en éthologie auprès de la FFE.
🐴 La « méthode » Monty ?
On parle souvent de la « méthode Monty Roberts », mais pour moi ce n’est pas vraiment une méthode : c’est plutôt une manière de faire qui devient automatique avec le temps.
C’est comme quand on conduit une voiture : on ne réfléchit pas à combien de fois on change de vitesse, on freine, on accélère ou on tourne le volant — on le fait naturellement. Avec les chevaux, c’est pareil.
On utilise le langage corporel, jusqu’à ce que ça devienne automatique.
– S’il fait quelque chose de bien, je le félicite.
– S’il fait quelque chose de mal, il va travailler plus, mais il n’est jamais puni.
– Tout se joue dans le timing et le bon moment.
Je me suis toujours un peu méfié du terme « éthologie équine ». Officiellement, l’éthologie est une science qui étudie le comportement animal, et les personnes qui font des recherches et des observations scientifiques sont les éthologues.
Mais moi, je ne suis pas un scientifique : je travaille plutôt à partir de leurs données.
Je préfère dire que je travaille selon la façon de Monty Roberts, et aussi selon ce que j’ai appris auprès d’autres hommes de cheval.
L’important est d’observer le comportement des chevaux et de s’adapter à eux. Il n’y a pas deux chevaux pareils. Il faut s’intéresser à leur manière de communiquer entre eux, à la façon dont ils vivent à l’état sauvage et à l’état domestique. On ne peut plus voir les chevaux comme des machines : ce sont des êtres vivants, avec leurs propres spécificités et leurs besoins.
Tout mon travail repose sur l’idée de construire une relation cheval–humain efficace et non violente, basée sur la confiance, le respect et la compréhension mutuelle — pour le bien des chevaux comme des personnes.
J’aime partager mes connaissances pour contribuer, à mon échelle, à créer un monde un peu meilleur pour les humains et pour les animaux.
En général, pour les chevaux compliqués, je commence par un join-up. Puis j’essaie de m’adapter au comportement (problème) du cheval, j’essaie de me mettre à sa place.
🌟 Le join-up
Pendant le join-up, parmi tous les signes corporels que le cheval peut montrer, il y en a quatre qui m’intéressent particulièrement :
1- L’oreille intérieure dirigée vers moi : cela signifie qu’il ne peut plus m’ignorer, donc qu’il est attentif.
2- Réduire le cercle : dans la nature, la distance de fuite est de 400 à 600 m. Si le cheval est encore vivant après cela, c’est que le prédateur a abandonné ; donc il se remet à manger (environ 60 % de son temps). Dans le rond de longe, je suis encore là, donc il réduit le cercle pour économiser son énergie.
3- Lécher et mâchouiller : signe de soumission.
4- Baisser l’encolure : c’est comme dire « si on peut renégocier la relation, je te laisserai être le chef ».
Ce qu’il faut absolument retenir quand on approche un cheval pour la première fois : lire et interpréter son langage corporel.
Le travail commence dès le moment où j’entre en contact avec le cheval. S’il a un bon comportement, j’enlève la pression. S’il a un mauvais comportement, je remets de la pression. Mais il n’est jamais puni. À chaque instant, j’adapte mon comportement en fonction du sien.
Une séance type de Join-Up :
– J’entre dans le round-pen.
– Orientation : les quatre points cardinaux (faire découvrir le lieu, instaurer confiance et respect).
– J’envoie le cheval sur la piste (main gauche / droite), au pas, au trot (au galop si besoin), avec le langage corporel et ma longe. Je me place à 45° par rapport au cheval pour l’envoyer.
– J’observe les quatre signes (oreille, rétrécir le cercle, lécher / mâchouiller, baisser l’encolure).
– Puis vient l’invitation, en me plaçant à 45° devant le cheval.
– Join-Up : moment magique, parfois très émotionnel : le cheval vient de lui-même, de sa propre initiative, après toute la discussion corporelle. Je le caresse alors sur le front.
Puis on peut poursuivre avec différentes étapes :
– Follow-Up : emmener le cheval en liberté, sans le tenir, sur un cercle à droite puis à gauche.
– Toucher les zones vulnérables.
– Prendre les quatre pieds.
– Mettre le tapis de selle, la selle, le bridon, attacher les étriers.
– Travail aux long lines (longues rênes), piste à main droite et à main gauche.
– Tourner le cheval avec la tête et le corps à 90° vers l’extérieur.
– Faire reculer le cheval de quelques pas, puis enlever le harnachement.
Ensuite vient le « Quality Time » : une sorte de récréation pour le cheval. S’il a envie de rester avec moi, je le caresse. Mais il peut aussi faire ce qu’il veut : se rouler ou aller ailleurs. C’est son temps à lui.
Le matériel que je privilégie pour mes séances, en Round Pen :
– Le licol Monty Roberts (avec différentes tailles selon le cheval),
– Les long lines (longues rênes),
– Le tapis de selle,
– La selle, plutôt légère,
– Le bridon simple avec un mors le plus doux possible et adapté, ou bien sans bridon, en mettant directement les rênes sur le licol Monty Roberts,
– Du matériel spécifique, adapté selon la situation et le comportement du cheval.
🎓 Les formations ?
Je propose des formations organisées sous forme d’alternance entre théorie et pratique, avec questionnaires et PowerPoint.
Mes formations s’adressent à tout public et à toutes les disciplines. Elles fonctionnent même pour améliorer la cohésion dans des entreprises qui n’ont rien à voir avec les chevaux. C’est la même philosophie : à travers des démonstrations avec les chevaux, on fait le parallèle avec les difficultés rencontrées au sein des entreprises.
Le contenu inclut notamment :
– des démonstrations, avec explications de ma part
– Les jeux psychologiques pour mettre les candidats dans la peau du cheval
– des exercices de langage corporel
– des exercices humain–humain → cheval–humain : il est important de mettre l’humain à la place du cheval pour ressentir et comprendre ce que lui vit. Les candidats doivent utiliser le bon langage corporel pour que les signaux soient cohérents, justes et compréhensibles pour le cheval
– apprendre quand mettre de la pression, quand l’enlever et quand redevenir passif
– un tour de table avant et après, pour que chaque candidat puisse s’exprimer (attentes, difficultés, ressentis, etc.)
– un questionnaire de satisfaction pour améliorer les stages
– la validation du savoir éthologique (si licence en règle)
– les règles de sécurité : bombe et éventuellement chaussures de sécurité
– des exercices de respiration pour diminuer le stress avant d’entrer en contact avec le cheval
– des enregistrements de Monty Roberts.
🤠 Relation avec le western ?
La façon de travailler selon Monty Roberts s’adapte à toutes les disciplines. Elle peut apporter les mêmes bénéfices quelle que soit la discipline. Ensuite vient l’entraînement spécifique : cheval de course, western, équitation classique, camargue, haute école, dressage, saut, etc.
Monty est cavalier western et entraineur de chevaux de course. Sur sa propriété, il a une piste de course pour les chevaux de course, un manège / carrière pour les chevaux de dressage et de saut, une piste de mountain trail, et un round pen (rond de longe). Les chevaux ont aussi accès à du terrain varié et aux balades.
Pour les jeunes cavaliers western et les structures qui veulent progresser dans la relation cheval–humain, les choses évoluent, mais malheureusement beaucoup trop lentement.
J’interviens dans des formations aux métiers du cheval (enseignants, palefreniers, cavaliers, etc.). Je pose souvent la question aux élèves : « Est-ce que votre patron utilise une approche éthologique ? ». Sur une quinzaine d’élèves par classe, à peine cinq lèvent la main. Donc il y a encore un grand travail à faire pour changer les habitudes.
Quand j’interviens dans des structures équestres, ils ont souvent un cheval avec un problème comportemental ou un cheval pas encore débourré. Si, devant eux, je règle le problème, ou si je mets un cavalier pour la première fois sur le cheval que je viens juste de travailler, ils sont devant le fait accompli que ma façon de travailler fonctionne.
🤔 Les résistances ?
Je partage régulièrement des vidéos avec les chevaux que je travaille (problèmes de van ou de camion, jeunes chevaux, etc.). Malheureusement, je ne suis pas très au point avec les publications et les partenariats.
Le fait que j’envoie le cheval sur la piste et que je le « chasse » en avant en réponse à son comportement n’est pas toujours compris. Le public voit le résultat positif, mais refuse parfois de l’accepter.
Je leur explique que je me comporte comme la jument dominante dans un troupeau. Quand un jeune cheval se comporte mal, la jument dominante le chasse hors du troupeau et l’exclut du groupe. À ce moment-là, le cheval devient une proie plus facile pour les prédateurs. Le cheval exclu demande ensuite, avec son langage corporel, à pouvoir revenir dans le groupe.
Quand la jument dominante estime que l’exclusion a duré assez longtemps, elle l’invite à revenir. Ensuite, il arrive souvent qu’ils se « grooment » mutuellement. C’est comme si la dominante disait : « Je t’aime encore autant qu’avant l’exclusion, mais je n’accepte pas que tu mettes le troupeau en danger à cause de ton comportement. »
Le mot de la fin ?
Ma plus grande fierté est de convaincre les gens que la violence n’est jamais la solution, et de leur montrer, à travers mon travail avec les chevaux, qu’on peut obtenir de meilleurs résultats sans brutalité.
Un conseil pour adopter une approche plus relationnelle avec son cheval : s’intéresser à une forme de travail basée sur le respect et la confiance mutuelle.
Ma femme et moi avons été famille d’accueil pendant des années (et aujourd’hui encore, elle travaille dans une maison d’enfants comme éducatrice spécialisée). Même si cela peut surprendre certaines personnes, les bases de l’éducation sont les mêmes qu’avec les chevaux : respect, confiance, amour, bienveillance.
J’encourage mes stagiaires à repenser leur regard sur le cheval–partenaire, en donnant l’exemple.
📅 L’actualité ?
Nous avons arrêté l’activité club en 2019. Actuellement, nous proposons une pension (sous-traitée), des cours pour les pensionnaires, du transport de chevaux. Nous faisons aussi un petit élevage et des tours en calèche.
Mon activité principale actuelle est le débourrage et la rééducation des équidés, ainsi que le transport de chevaux difficiles.
Je propose aussi des formations et des stages pour le travail selon Monty Roberts, que ce soit sur place ou en déplacement, ainsi que pour les diplômes Monty Roberts.
✨ Un immense merci à Johan pour ce témoignage riche, sincère et passionnant, et pour tout ce qu’il transmet au service du cheval et de l’humain. ✨
Pour le contacter :
🌟 Et vous, que pensez-vous de la méthode Monty Roberts ? Curieux, convaincus, sceptiques ? On en parle en commentaire ! 👇









