RENCONTRE avec… Eloïse Oger, illustratrice

Illustratrice, cavalière et amoureuse des chevaux, Eloïse Oger partage un regard sensible où le dessin prolonge la relation au cheval. À travers Women of the West, elle mêle pratique équestre, création artistique et engagement pour une vision plus humaine et respectueuse du western.

⭐ Respect ⭐ Communication ⭐ Liberté ⭐

Je suis illustratrice et graphiste freelance. J’ai 37 ans et je vis près de Bordeaux

🐎 Ton lien avec les chevaux ?

Les chevaux ont toujours été présents dans ma vie, en toile de fond. Petite, je collectionnais toutes les figurines (aussi hideuses soient-elles) ou livres que je trouvais sur les brocantes. Je les dessinais beaucoup aussi.

J’ai été très petite juchée sur un GRAND cheval chez mes grands-parents paternels. J’étais très petite et je ne m’en souviens pas, mais la photo prise à ce moment m’a toujours beaucoup émue. Mon grand-père avait des chevaux et cela me fascinait. Les dessins et récits de mon père ont également construit cet amour du cheval : il sait si bien retranscrire l’énergie et les attitudes des chevaux.

J’ai eu quelques cours d’équitation, avec mon père, adolescente. Mais quand j’ai eu mon premier vrai boulot, après mes études, j’ai commencé à prendre des cours toutes les semaines en club. Et ça ne m’a pas quitté depuis.

J’ai majoritairement pratiqué l’équitation classique. Et pas mal de travail à pied. C’est souvent là que le cheval m’impressionne le plus, sa taille, ses réactions. J’ai vraiment compris dans ce travail au sol l’importance de mes gestes, mes intentions et à quel point les chevaux les ressentent.

L’image fantasmée du cheval peut parfois occulter qu’il est une proie et qu’il a son mode de communication propre. J’essaye de comprendre (et c’est passionnant) cette place et le rôle que je peux jouer, pour une relation sereine et respectueuse, non subie par aucune des parties.

Je suis toujours cavalière de club, à mon petit niveau. J’essaie d’être la plus respectueuse possible, tout en apprivoisant mes propres peurs à cheval. Et petit à petit, veillant à garder un équilibre plaisir/exigence, j’avance.
Nous faisons également du tir à l’arc à cheval avec les copines et notre super coach qui nous a initiées. On apprend, on s’équipe, mais surtout on s’amuse beaucoup !

Aujourd’hui, le cheval est pour moi une vraie soupape dans le quotidien après le travail. Sortir au grand air quand on passe ses journées sur un ordinateur, ça fait un bien fou. Un moment où l’on est pleinement là, sans passé à ressasser ou lendemain à prévoir. Comme de la méditation. Et il y a un lien encore plus fort qui se crée avec certains chevaux en particulier. Juste les voir m’apaise. On dit qu’ils sont des éponges, mais ils transmettent aussi beaucoup.

🖍️ Les chevaux en dessin ?

Monter à cheval change la façon de dessiner les chevaux, c’est indéniable : on ressent leurs mouvements, et je crois que cela imprime le geste de la main qui dessine. Bon, il faut quand même de la documentation photo pour arriver à chopper des attitudes justes, notamment sur les postérieurs, qui sont complexes à dessiner.

Quand je représente un cheval, j’essaie de transmettre son énergie, sa liberté et l’émotion qu’il apporte : un regard apaisant ou bien une peur. Ils sont des personnages à part entière.

🐎 Ta participation à Women of the West ?

A l’origine, mon père (Tiburce Oger) m’a proposé d’y participer. J’ai ri, ne me sentant pas légitime à participer à un collectif regroupant des dessinateurs et dessinatrices reconnus et si talentueux. Je suis illustratrice pour la jeunesse et je savais qu’il allait falloir redoubler d’efforts, me documenter beaucoup, explorer un mode narratif différent. Il a su me rassurer sur mes capacités à y participer et je ne le regrette pas ! Et puis c’est une chance de partager un tel projet avec sa famille. Parfois c’est pas si mal d’écouter son père 😉
J’ai voulu, à partir de mes illustrations, mettre en avant à la fois le courage, la liberté, la douceur, la combativité… Les êtres humains sont multiples et c’est ce qui me touche. Et surtout, je voulais vraiment que mon dessin accompagne et soit à la hauteur des textes.

Dans cet album, chaque histoire est écrite en fonction du dessin qui l’accompagnera dans ce projet collectif. En ce sens, l’histoire que mon père m’a confiée était parfaite à dessiner pour moi. Il y a de l’aventure, de la poussière et des grands espaces, des chevaux et des troupeaux. Et cette mère forte qui fait face avec un grand courage à une vie qui ne l’épargne pas… J’ai beaucoup de respect pour l’audace de Margaret Borland. Mais tous les portraits de l’album sont très touchants.

🤠 La place des femmes au Far West ?

Même si je n’en doutais pas, j’ai malgré tout été saisie par la force de chacune de ces femmes. Affrontant des drames et des épreuves terribles, elles devaient en plus faire face à un monde d’hommes impitoyables, et je trouve cela nécessaire de leur dédier ce livre.

Les cowboys ont longtemps été mis au premier plan. Les femmes reviennent aujourd’hui au cœur du récit, c’est visible dans de nombreux domaines. Cela prend du temps. Mais on voit une certaine évolution. Une femme peut avoir le premier rôle de l’histoire, pas seulement les rôles de second plan auxquels on nous a habitués. En BD, il y a de plus en plus d’autrices et cela est nécessaire, car il y a encore du chemin… Et cet album nous montre la richesse des récits dont les femmes sont au centre.

🎨 Tes projets ?

J’ai un projet en cours de réflexion de livre jeunesse qui lierait mes deux passions : le dessin et les chevaux. En cherchant à être juste, difficile de ne pas être dans le cliché, le fantasme. On a déjà beaucoup écrit sur les chevaux…

J’aime aussi les peindre, et j’espère trouver plus de temps pour cela : faire de grandes, très grandes toiles, pour peindre les chevaux comme je les aime.

💬 Le mot de la fin sur le western ?

J’aime Les chevaux et l’imaginaire, les grands espaces, la liberté. C’est aussi lié au travail de mon père, sa connaissance de l’histoire : j’apprécie cet univers grâce à son regard de passionné qui sait transmettre cette passion. Un peu comme un souvenir d’enfance réconfortant.

S’il y a une chose à retenir pour les filles qui découvriront Women of the West : la liberté d’entreprendre, les aventures, l’audace : c’est aussi pour elles !

✨ Un grand merci à Eloïse pour la générosité de ses mots, la sincérité de son regard et le temps qu’elle a accordé à EWF pour partager son parcours et sa sensibilité. ✨

Pour las contacter :

🌟 Le témoignage d’Eloïse vous parle ? Avez-vous déjà ressenti ce lien si particulier entre le cheval et la création artistique ? Faites-nous découvrir en commentaire !

Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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