RENCONTRE avec… Miss Prickly, illustratrice

À travers son regard sensible et engagé, Miss Prickly explore le cheval comme un être libre, puissant et égal à l’humain. Une rencontre autour du dessin, du respect du vivant et de ces femmes du Far West trop longtemps restées dans l’ombre.

⭐ Chevaux ⭐ Liberté ⭐ Rudesse ⭐

🐎 Ton lien avec les chevaux ?

Ma toute première rencontre avec un cheval doit dater de quand je devais avoir quatre ou cinq ans dans un parc à côté de chez moi. Il y avait un enclos avec beaucoup de chevaux du centre équestre voisin, et c’était la sortie du dimanche avec mes parents.

L’équitation a commencé à occuper une place importante de ma vie assez tard. En fait, étant jeune je ne faisais pas beaucoup d’équitation, seulement des stages, et c’est lorsque j’ai pu me payer des cours que j’ai commencé à en faire régulièrement. Donc plutôt vers mes 20 ans.

J’ai pratiqué majoritairement l’équitation classique, et parfois un peu d’extérieur. J’ai tenté une fois un cours d’équitation western et j’ai adoré, le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de propositions d’équitation western dans ma région.

Pour moi, le cheval est vraiment un partenaire, je ne le vois pas comme un “outil”. C’est vraiment un être à part entière que je considère comme mon égal et que l’on doit respecter. Ma philosophie : respect, admiration, liberté. J’aurais même tendance à penser que travailler à pied avec lui est plus intéressant, et je préfère aujourd’hui l’observer pour le dessiner que le monter.

🖍️ Les chevaux en dessin ?

Je pense avoir été très influencé dans ma jeunesse par des romans comme l’Etalon noir, Black Beauty, et des BD comme Yakari et Lucky Luke avec leurs stars : Petit Tonnerre et Jolly Jumper.

Monter à cheval change la façon de dessiner les chevaux : à partir du moment où j’ai fait de l’équitation, j’ai pu vraiment comprendre la locomotion de l’animal, les proportions aussi beaucoup puisque finalement quand on regarde des photos, ce n’est pas pareil que quand on est à côté, et l’harnachement également, c’est plutôt compliqué de le comprendre sans le voir vraiment et voir comment il se place sur l’animal.

Quand je dessine un cheval, j’essaie de transmettre son anatomie évidemment en premier, mais surtout sa personnalité. Par le regard et l’attitude on peut aussi retranscrire les émotions, ce qui est très important en BD. J’aime dessiner tous types de chevaux, qu’ils soient sauvages, sportifs, de loisirs…

La différence l’image qu’on peut avoir du cheval et le cheval réel est surtout physique, c’est-à-dire que le Cheval de tous les jours n’est pas une gravure de mode alors que souvent quand on dessine un cheval, c’est pour le représenter comme une gravure de mode sportif, bien musclé, alors qu’en vérité ils sont comme nous ! Et ce n’est pas pour autant qu’on ne les aime pas ! De plus, on a une image fantasmée du cheval je pense, surtout quand on est jeune : il va toujours faire ce que je veux, il est super docile, etc.

Pour moi, ce qui représente un cheval américain, c’est surtout son “popotin”, il a une croupe tellement musclée qu’on sent que c’est grâce à cela qu’il montre toute sa puissance et sa vitesse. Et bien sûr, je dirais la tête assez basse, tranquille, et une attitude plutôt décontractée en dehors des moments où il doit trier le bétail, etc.

Il n’est pas facile de dessiner des chevaux puissants sans normaliser la contrainte ou la domination : l’attitude du cheval doit être détendue, il doit être à l’écoute de sa partenaire. Rênes longues… Cela passera aussi sans doute par le dialogue entre la personne qui monte l’animal et celui-ci, il faut montrer une certaine complicité.

🌵 Le monde Western ?

Je ne connais pas vraiment l’équitation western, c’est juste de l’observation lors de manifestation équestre comme EquitaLyon. Je connais quelques disciplines, comme le barrel qui est très impressionnant, et le reining également qui est à la fois esthétique, et procure beaucoup d’émotions.

Évidemment l’imaginaire prend une grande place dans l’univers western : on imagine les grands espaces, les magnifiques paysages, mais je pense aussi à l’attitude du cheval, ses capacités physiques et l’intelligence qu’il peut mettre en place pour s’occuper du bétail.

C’est très inspirant : les grands espaces, le désert américain, la prairie, mais aussi la vie quotidienne auprès des chevaux et de la nature. J’ai l’impression que les valeurs humaines les plus importantes du western sont l’entraide et la solidarité, ainsi que le travail.

🐴 Le bien-être animal ?

Je suis de la team qui pense que cela doit changer, nous aurons toujours besoin des chevaux comme eux auront besoin de nous, mais je pense sincèrement qu’on peut faire évoluer l’équitation, que ce soit dans le classique ou dans le western, pour encore plus respecter leur bien-être et ce qui fait leur essence. Pour moi, le temps de la domination est fini.

A mon avis, dans le futur, les compétitions vont évoluer et seront peut-être moins sur la performance, mais plus dans le respect. En tout cas je l’espère.

De mon côté, j’aime beaucoup représenter des chevaux en liberté, et je pense que dans la vraie vie il faudrait que les chevaux puissent vivre en harde comme à l’état sauvage. Certains centres équestres mettent en place des structures qui permettent aux chevaux de se retrouver entre eux en dehors de leur box, en plus du pré.

📚 Ta participation à Women of the West ?

C’est mon éditeur qui m’a proposé de participer au livre puisque je vais sortir au mois d’avril 2026 un album complet western qui s’appellera “Graine de vaurien” aux Editions Grand Angle également, et donc cela faisait sens que je participe à cet album. Ce qui m’a motivé, c’est vraiment cet aspect de figures féminines inconnues dans le monde du western que le scénariste Tiburce Oger a mis en lumière.
Je pense qu’il y a vraiment encore beaucoup de choses à découvrir sur les femmes qui ont fait l’histoire et notamment celle des Etats-Unis. Toutes les femmes des histoires du livre ont leur force et leur particularité.

Les cowgirls, comme les cowboys, devaient faire preuve de force, d’intelligence, et je pense que les deux étaient égaux dans l’adversité : ils devaient affronter un climat sans doute rude, des obstacles, etc. Je pense qu’il faut faire tomber l’image de la cow-girl sexy.

Une femme “western” est pour moi une fille badass qui n’a besoin de personne, sauf de son cheval !

Les femmes ont longtemps été les oubliées de l’Histoire, mais elles prennent enfin la parole. Des femmes comme Michèle Perrot (historienne) ou Titiou Lecoq (journaliste) ont permis aux femmes de retrouver leur place dans l’Histoire.

Il y a sans doute également plus de femmes qui veulent raconter des histoires, et on nous laisse un peu plus la parole. Le fait que les hommes prennent conscience de cela et s’y intéressent, c’est hyper important. Mais bien-sûr, tout cela reste fragile, et on doit veiller à ne pas disparaitre de nouveau !

🎨 Tes projets ?

L’art, parfois, cela nous tombe dessus comme ça. Donc pour le moment je suis mon chemin et on verra ce qu’il me réserve !

Mais j’adorerais voyager dans les grands espaces américains pour dessiner les chevaux sur place !

💬 Le mot de la fin sur Women of the West ?

S’il y a une chose à retenir pour les filles qui découvriront Women of the West, c’est qu’elles sont capables de beaucoup de choses et que tout est à leur portée !

✨ Un grand merci à Miss Prickly pour ce témoignage sincère, engagé et inspirant, et pour ce regard juste posé sur le cheval, le western et la place des femmes dans ces récits trop longtemps oubliés. ✨

Pour la contacter :

🌟 Et vous, quelle est votre vision du cheval et de l’univers western ? Liberté, respect, imaginaire… Faites-nous découvrir en commentaire ! 💬

Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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