⭐ Passion ⭐ Patience ⭐ Persévérance ⭐
Je suis une artiste pastelliste et photographe passionnée par le cheval et l’univers western, que j’explore depuis plus de 35 ans. À travers mes œuvres, je cherche à capturer l’âme, la lumière et l’émotion qui relient l’humain et le cheval.
🌱 Tes débuts ?
J’ai toujours aimé dessiner. J’ai baigné dans un milieu familial qui m’a enrichi de connaissances issues de plein d’univers variés et notamment l’art avec pour exemple ma maman qui peignait pour son plaisir, mon papa qui dans son travail faisait du dessin technique, sans oublier un aïeul qui travaillait la porcelaine du côté de Limoges, et un oncle qui aimait la photographie.
Ce qui m’a amené à faire des études d’arts appliqués et plastiques. A mes 15 ans, j’ai su que je ferais de ma passion artistique mon métier, ma vie.
A l’époque, Je dessinais plein d’animaux, surtout chiens et chats pour mes premières commandes… Mais aussi des personnages de mythes et légendes.
Jusqu’à mes 15 ans, j’ai testé beaucoup de techniques artistiques. Puis, au cours d’une visite au Louvre (étant Francilienne, ce musée était mon jardin merveilleux), je déambulais dans les allées et mon regard fut attiré par un éclat lumineux d’une robe argentée. Je fus hypnotisée par un portrait immense réaliste accroché dans un coin ; sur le petit cartel en bas du tableau, il était écrit « Portrait en pied de la Marquise de Pompadour par Maurice-Quentin de La Tour, entre 1749 et 1755 » mais le plus important fut l’indication de la technique : pastel sur papier.
Le crayon pastel sec a été une révélation car je pouvais créer avec précision les idées que j’avais en tête sans attendre que le support sèche comme l’huile, et quel bonheur de travailler tout en nuances des dégradés pour donner plus de profondeur, plus de réel au sujet. Bref, cette technique et moi ne faisons qu’un. En 2025, ça fait 35 ans de pratique unique !
🐴 Ta pratique avec le cheval ?
J’avais à peu près 10 ans, je regardais un documentaire animalier sur la vie des chevaux sauvages aux USA, et à la fin du programme, il y a eu une séquence en slow motion avec une très belle bande son qui montrait les mustangs au galop ; j’ai ressenti une incroyable émotion profonde comme si j’étais ensorcelée…et depuis, je n’ai jamais cessé d’aimer le cheval !
Passionnée de cet univers western, le salon du cheval de Paris m’a permis fin des années 90 de rencontrer l’équipe du Quarter Horse Dream avec Guy et Nadine Duponchel, sans oublier Laura Duponchel. Au fur et à mesure de mes visites dans leur établissement, je me suis laissé tenter par une mise en selle, même si je n’ai pas pratiqué longtemps.
J’avais monté un peu classique enfant, et un cheval qui bouge au montoir ne me rassurait pas, alors en observant cette équitation western dont un élément important était que le cheval restait immobile pour se mettre en selle, cela m’a plu et je me suis sentie beaucoup plus à l’aise avec l’équipement western, la subtilité à manœuvrer sa monture, sans oublier ce merveilleux quarter-horse qui m’inspirait de la sérénité une fois juchée sur ma selle
Je reconnais que je suis plus passionnée à regarder pour photographier ces cowboys et ces fabuleux chevaux américains que de monter alors j’ai observé leurs gestes, leurs attitudes… J’aime apprendre et comprendre au travers de mon objectif pour éventuellement créer mes pastels avec ce petit truc en plus qu’un pro va reconnaître (détail d’un équipement, d’un geste humain ou équin…).
La beauté d’un cheval western, c’est subjectif… C’est un ensemble d’éléments : équipé pour travailler le bétail avec lasso à la corne, préparé avec élégance pour une épreuve de pleasure, de retour après sa course de barrel, crinière dans le vent et broutant dans son pré… Peu importe la race, c’est tout simplement qu’il me transporte dans un univers qui me passionne, là est toute la beauté d’un cheval western.
Avant de peindre un cheval, je cherche à ressentir son âme, alors je prends tout le temps nécessaire en l’observant pour qu’il me donne ce qu’il souhaite. Je porte sur mon sujet équin un regard naturaliste, technique. Sa morphologie, ses postures, ses réactions aux ordres de son cavalier ou de son environnement s’il est libre, tous ces éléments peuvent déclencher l’idée du pastel à créer.
Peu importe l’émotion que l’on veut rendre, tout est question d’observation et compréhension dans le moindre détail.
📸 La photographie ?
Lors de mes séances photo, que d’émotions positives quand j’observe un sujet actif ou statique dans mon objectif ! C’est fascinant de comprendre son sujet, de le capter dans ses moindres gestes et de déclencher au moment où je pense avoir ce que je cherche.
La seule chose que je sais en amont, c’est le ou les sujets que je vais photographier. Je fais un repérage des lieux et, le plus important, j’ai scruté la météo pour avoir toutes les conditions d’une belle atmosphère ! Mais le résultat final sera toujours donné par le sujet et c’est donc une part de mystère que j’apprécie beaucoup.
Les chevaux sont des êtres vivants, et la relation humain–cheval évolue selon une multitude de facteurs. Selon le moment, le lieu ou la situation, il devient possible d’observer d’autres attitudes, parfois très différentes : avant ou après une épreuve, le matin ou le soir, en hiver ou en été, une poulinière pleine puis avec son foal, un entier devenu hongre, etc.
En observant « à pied » les chevaux, j’ai une vue d’ensemble de mon sujet et je peux aussi en visionner les détails ; j’ai appris énormément sur les chevaux en les observant et en discutant avec les cavaliers en comparant leur ressenti en selle et ce que je voyais. Artistiquement, c’est comme si je préparais un pastel en 3D ; je cherche à composer une idée, soit une scène entière soit un élément.
Souvent c’est un éclat de lumière qui me donnera envie de me placer à tel endroit pour capter chaque sujet qui passera là. Mais, parfois mon œil d’artiste est attiré par un duo et/ou un cheval par son allure, une couleur de robe, …
J’essaye de capter ce que mon sujet est, c’est toujours subjectif ; certains apporteront beaucoup d’élégance, d’autres exprimeront de la puissance…A mes yeux, tout peut être esthétique car c’est une question de cadrage, de lumière.
Chaque séance m’offre des clichés qui vont déclencher une idée de pastel. Une chose est sûre ; durant toutes ces années ma pratique de la photographie m’a apporté beaucoup dans le rendu de mon travail artistique détaillé et vivant. Mais je ne cherche pas à faire LA ou UNE photo pour un pastel. Je me sers souvent de plusieurs images pour créer mon sujet artistique. Il m’arrive d’enlever tout le harnachement et même le cavalier pour représenter uniquement le cheval, je peux aussi modifier et/ou ajouter un élément du sujet (anatomie, vêtement, couleurs, décors…). Sans jamais oublier l’émotion d’une histoire que raconte mon pastel.
La photographie m’a aidée à mieux comprendre les chevaux, les ressentir et artistiquement à les réaliser avec plus de force dans mon travail.
L’univers du western est incroyablement inspirant pour l’artiste que je suis, aussi bien en couleur qu’en noir et blanc, une scène de travail de bétail est toute aussi fascinante que de représenter le détail d’une main qui tient un lasso… Et que dire des chapeaux, des bottes et autres accessoires, sans oublier tous les éléments divers constituant l’équipement du cheval… Une source intarissable de création pour la passionnée que je suis !
Parmi mes meilleurs souvenirs, j’ai fait une rencontre marquante avec un quarter-horse au cours d’un voyage en Utah fin des années 90 lors d’une épreuve de team penning, j’ai photographié un sublime étalon palomino que j’avais dans mes magazines AQHA du nom de Mister Joe’s Song ; c’était incroyable de l’avoir dans mon objectif en vrai !
✏️ Les pastels ?
Mon style pourrait être décrit comme « un travail technique académique réaliste ».
En dehors de Maurice-Quentin de La Tour pour la découverte du pastel sec, mes principales inspirations sont les peintres qui représentaient les chevaux comme Alfred de Dreux, Princeteau, Delacroix, Géricault, et des scènes western tels que Russel et Remington sans oublier le courant Préraphaélites qui peignaient le Moyen-Âge, les mythes antiques… Voilà de quoi s’est nourrit mon âme d’artiste.
Je travaille exclusivement sur du noir car la moindre lumière posée sur cette sombre teinte est une étincelle de vie. Mais sans ombre pas d’équilibre pour donner de la force à la lumière même pour un sujet en pleine lumière. J’ai une prédilection pour les effets de clair-obscur, de contre-jour qui m’émerveillent pour la subtilité des nuances.
Habituellement, le passe-partout sert de protection du contact entre le verre et le pastel. Un jour, j’ai eu envie de déborder car je trouvais très graphique cette façon de faire et donnait un effet hors-cadre de relief à mon sujet. Le public a été enthousiaste et c’est devenu ma spécificité. Les gens reconnaissent mon art en plus de sa qualité technique de représentation réaliste.
Donner vie à mon sujet est l’aboutissement de tout ce travail technique de recherche nuancée de la couleur pour exprimer une matière basée sur un dessin efficace.
Techniquement, un pastel est terminé quand ce qui est prévu d’être fait l’a été. Sincèrement, je pense que mes pastels ne sont jamais finis car mon regard sur eux change grâce à la progression de mon savoir-faire artistique. Même pour un détail, c’est le principe de se remettre toujours en question.
Comme les cavaliers qui répètent leurs gestes pour travailler leurs chevaux, je répète mes maîtres mots : observation, compréhension, technique et patience.
Le pastel dont je suis la plus fière est « D’Âme Artiste », une œuvre de 60 cm de haut sur 40 cm de large représentant mes 35 ans de pratique de cette technique au travers d’un autoportrait « tatoué » de mes sources d’inspirations et reflétant mon savoir-faire dans le traitement de matières, textures… Un an de réalisation.
C’est fascinant de constater l’évolution de son art ! Ma technique a progressé car j’ai su observer encore plus dans le détail mes sujets de tous thèmes tant dans les matières, les textures, les nuances, le jeu des ombres et lumières pour rendre cette étincelle de vie si importante et subtile…que ce soit pour une œuvre personnelle ou une commande. Plus de barrière dans la représentation, au contraire que des défis à relever quand c’est un nouveau domaine que je dois mettre en valeur.
🖼️ La création, en pratique ?
Une journée dans mon atelier, c’est une déconnexion avec le monde extérieur (téléphone en mode muet, pas de rendez-vous). Me retrouver seule dans ma tanière. Je prépare ma table, mes crayons et mes documents divers pour créer mon nouveau sujet ; je suis prête à travailler !
Je me plonge toujours dans une ambiance musicale et / ou cinématographique. Et c’est mon sujet qui décide du thème de l’atmosphère pour créer.
Le temps passé sur une œuvre est variable : cela dépend du format, du sujet. Un minimum de 10 heures c’est sûr… Et quand je dépasse 100 heures de travail, j’arrête de compter !
Pour mes créations personnelles, j’utilise mes propres photos. Pour les commandes, les gens me confient leurs documents, ou on peut utiliser mes clichés si besoin.
L’attitude du sujet me guide pour une réalisation en couleurs ou en noir et blanc, la lumière va donner l’idée du cadrage ; de ces deux principes découle le format en général.
Les membres sont les plus complexes à réaliser. Les jambes sont faites de diverses parties qui peuvent ne pas être esthétiques par leur forme mais qui font tant dans l’élégance de la silhouette du cheval.
Dans les rares moments de blocage, je n’insiste jamais. Je prends mon appareil photo et en route pour une séance photo ; l’énergie reviendra le lendemain avec encore plus de plaisir à créer.
🤠 La culture western ?
J’ai toujours apprécié la relation humain-animal dans le travail. Alors le western est bien évidemment un monde qui a confirmé cet état d’esprit. Une complicité se développe avec patience, compréhension, justesse dans les actions. Je trouve que c’est un monde qui donne du sens à notre existence.
Le monde western est semblable à mon état d’esprit par la notion de travail indispensable pour exécuter correctement des tâches. Sans effort, il n’y a pas de style ni de liberté.
Dès que je me déplace dans une ambiance ranch, j’ai envie de prendre des photos ! Avec les bâtiments, les chevaux au près et en box, les cavaliers avec chapeau ou casquette US préparant leurs montures ou les ramenant après une bonne séance ; mon objectif est prêt pour capter le moindre détail…peu importe où je suis dans un ranch, un évènement western en France, à l’étranger ; this is the place to be pour l’artiste passionnée que je suis.
En Normandie, où j’habite, l’équitation western est variée, un bonheur pour moi ! Il y a des élevages de passionné(e)s (QH, PH, App fondation, Rocky Mountain Horse, et même la race mexicaine Aztèque). Il y a des centres et ranches western où on pratique nombreuses disciplines western : reining, mountain trail, tri de bétail avec l’apprentissage du lasso, pleasure… Et aussi un élevage de taureaux de rodéo avec la possibilité d’apprendre à devenir un bull rider ! La Normandie est terre de western !
Chaque discipline est esthétique à photographier : un jog à bonne cadence en pleasure, un stop de reining puissant, un reculer parfait en trail, une présentation au carré en halter, un jeu de jambes rythmé en cutting…Il faut juste bien se placer, observer et cliquer !
🗨️ Le mot de la fin ?
Si mon art pouvait transmettre la notion qu’avec travail et technique, l’émotion est plus vivante que jamais, ce serait bien.
Comme conseil à un jeune artiste passionné, je donnerais mon retour d’expérience « Observe, travaille ta technique et l’émotion suivra ».
Pour le futur, j’ai hâte de rencontrer des cowboys et cowgirls dans leur ranch. J’ai déjà une belle liste de nouveaux pastels à créer sur le western qui auront je pense l’honneur d’être exposés là où il faut !
✨ Un grand merci à Stéphanie de nous avoir partagé en détail son histoire — entre passion, art, chevaux, doutes, inspirations et magnifiques accomplissements ! ✨
Pour la contacter :
🌟 Et vous, souhaitez-vous aussi mettre en lumière votre parcours, votre passion, votre discipline ou votre aventure dans le monde western ? La porte est ouverte, et je serai ravi de vous donner la parole ! 👇









