RENCONTRE avec… Laura Armand, passionnée d’éthologie scientifique et d’éducation équine !

À 34 ans, Laura vit près de Pau et consacre son quotidien au travail à pied et à l’éthologie scientifique. Si elle n’est pas cavalière de western, son approche fait pourtant écho à de nombreuses valeurs chères à cette discipline : calme, précision, autonomie du cheval, connexion et légèreté.

⭐ Curiosité ⭐ Esprit critique ⭐ Remise en question ⭐

Je m’appelle Laura Armand, j’ai 34 ans, j’habite dans le sud-ouest de la France aux alentours de Pau, avec mes deux merveilleuses juments de 24 et 8 ans qui vivent une douce vie à la maison.

🌱 Tes débuts ?

Ma mère mordue par le virus du cheval quand elle était enfant, m’a transmis sa passion. J’étais déjà bercée par les pas des chevaux dans son ventre. J’ai grandi au milieu des quelques chevaux de la maison. J’ai appris à m’en occuper, à les connaître individuellement, à monter aussi.

Cette passion du cheval a grandi et s’est affirmée encore plus lorsqu’à mes 12 ans j’ai commencé mes premières randonnées sur plusieurs jours en totale autonomie avec ma mère, le matériel sur les chevaux, l’attention particulière qu’il fallait leur porter et les longues heures de marche à côté d’eux pour les préserver et conserver leur moral et leur énergie. Ces instants magiques où nous vivions les mêmes choses, au même rythme, qui développent un relationnel extrêmement puissant, loin de tout, dans une même bulle. Ce sont ces moments qui ont gravé en moi l’envie d’être et de faire à leur côté, à pied.

Je suis une grande passionnée de chevaux en tant qu’Etre et j’ai fait depuis bientôt 10 ans de cette passion mon métier, pour permettre à chaque humain de trouver un équilibre, une relation et une meilleure communication avec son cheval.

J’ai d’abord une base scientifique avec un titre d’intervenante en sciences équines et un apport de nombreuses méthodes, techniques, savoirs dans tout ce qui concerne l’éducation et la gestion des émotions du poulain, du cheval, de l’âne et du mulet, au sol. Je me forme en permanence pour donner le meilleur pour les couples humains chevaux et m’assurer de respecter au mieux chaque individu. Avec toutes les nouvelles connaissances qui s’offrent à nous en permanence.

J’ai très vite compris qu’apprendre une méthode ou une discipline n’était pas apprendre le cheval. Et qu’il me fallait voir au sens large. Je me suis donc très vite tournée en priorité vers les Ethologues, ces scientifiques qui étudient les mœurs, le comportement, le mode de vie … des chevaux. Eux ils observent, ils analysent, ils ont un esprit critique, ils tirent des conclusions parfois, avec un certain recul, ils évitent l’interprétation et c’est auprès d’eux que j’ai souhaité commencer mes formations et ma démarche, en observant et en comprenant les chevaux, sans travail, sans manipulation, mais avec du recul pour mieux comprendre l’espèce puis les individus.

C’est d’abord la douceur et la bienveillance qui guident mon travail au quotidien ! Que ce soit envers le cheval ou l’humain, tout le monde doit se sentir bien et dans un cadre rassurant pour se comprendre. J’accorde aussi beaucoup d’importance à l’écoute et à l’observation du cheval. Mieux se comprendre, mieux communiquer, être plus juste et progresser sans se mettre la pression. C’est une relation basée sur un partenariat et non sur un effet de dominance et d’exécutant.

👣 Le travail à pied ?

Quand j’avais 12 ans et que j’ai commencé à m’intéresser à tout cela, les méthodes de horsemanship étaient en train d’émerger aux états unis et arrivaient tout juste en France, notamment portées par le film l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux.

L’éthologie ? Elle existait déjà bien sûr mais on n’en parlait même pas, le temps n’était pas à la vulgarisation et les observations scientifiques restaient… entre scientifiques, dommage… En 2017 lorsque j’ai réellement démarré l’activité, l’Ethologie avait déjà pris un réel tournant car elle était beaucoup plus accessible et vulgarisée, mais les demandes pour le travail à pied concernaient dans la majorité des cas des « problèmes du quotidien à résoudre ».

On me faisait venir pour un cheval qui était peureux, sauvage ou agressif, pour des poulains non manipulés qu’il fallait licoler, des problèmes à l’embarquement, j’intervenais sous les yeux du propriétaire en lui expliquant mon travail et puis je l’intégrais petit à petit aux séances…

Aujourd’hui ça a encore beaucoup changé, maintenant la majorité de mes élèves veulent apprendre le travail à pied, pour développer leur relation leur complicité, travailler le physique de leurs chevaux différemment ou encore varier leur séance et s’amuser. Je suis donc passée beaucoup plus sur un système d’accompagnements avec des chevaux qui vont déjà bien avec leurs propriétaires à qui j’apporte un plus dans le quotidien.

🤝 Les liens avec le cheval ?

Pour moi, le lien cheval–humain est avant tout une relation vivante, qui se construit dans le respect, l’écoute la cohérence et la justesse d’échange et de communication. J’accorde beaucoup d’importance à la compréhension du cheval en tant qu’individu, avec son histoire, ses émotions, son tempérament et ses besoins.

La communication avec le cheval est à DOUBLE sens, nous sommes deux être sociaux très doués, le cheval à tout autant le droit de s’exprimer et de proposer que nous et ce n’est pas parce que l’on donne la parole à son cheval qu’il nous manque de respect ou qu’il fait n’importe quoi, bien au contraire. Il n’est pas que réponse à nos questions, on construit un échange, on construit notre cadre en tenant compte de ce que chacun aime ou aime moins. On donne nos limites, il nous donne les siennes, on collabore dans un cadre sécurisant.

🔥 Tes moments forts ?

J’ai le souvenir de deux grands moments d’émotion. Ils ne sont pas forcément liés à mon activité d’éducation mais plutôt à ma vie avec les chevaux. Le premier c’est lorsqu’en ouvrant mes cadeaux de noël à mes 13 ans, j’y ai découvert les papiers de ma première jument qui a aujourd’hui 24 ans, à mon nom, alors qu’il était hors de question pour mes parents d’avoir un cheval à cet âge. Gitane était à l’essai à la maison depuis un mois pour mon beau père, elle ne lui convenait pas, et devait repartir chez son ancienne propriétaire, mais mes parents ont vu la magie de notre relation opérer dès le début et ont décidé de me laisser ma chance avec elle.

Mon deuxième grand moment d’émotion était fin 2022, quand j’ai stoppé une activité salariée qui empiétait sur ma santé et que j’ai décidé de franchir ce pas d’être uniquement auprès des chevaux. Je ne remercierai jamais ma famille et mes amis proches qui ont été d’un soutien et d’une motivation sans faille pour me donner confiance et me pousser à réaliser mes rêves. Sans eux, je n’en serai pas là aujourd’hui.

Le plus grand apprentissage que les chevaux m’ont offert, c’est de ralentir le rythme. Je suis quelqu’un qui peut être assez actif, je parle rapidement, je fais des gestes quand je m’exprime, je bouge vite. Mais avec les chevaux, tous les mouvements saccadés, précipités, courts et rapides sont des coups d’épée dans l’eau pour bien se faire comprendre. Au mieux le cheval ne va pas du tout réagir face à nos gesticulations, au pire, on va le stresser. La lenteur et le rythme, sont la clé, la base de tout pour bien communiquer dans une atmosphère sereine.

🔍 Etho Lau ?

Etho’Lau c’est le mélange du mot « Ethologie » avec mon prénom Laura. C’est un ami qui a trouvé le jeu de mot quand je réfléchissais à ouvrir une page Facebook dans un but de vulgarisation scientifique. Mes parents, déjà conscient de mon côté « extraterrestre » n’ont pas souhaité que je poursuive des études pour travailler dans le cheval, un milieu qui ne m’aurait pas convenu car l’équitation y était présente à 100% alors que ce n’est pas ce à quoi j’aspirais. En 2016 malgré un parcours donc en dehors du cheval, l’envie est trop forte et je me replonge dedans, j’intègre des parcours scientifiques, je me forme à l’éthologie, puis au travail du cheval au sol. Et j’ouvre les yeux sur un monde tellement incroyable et si méconnu que je décide de le partager sur les réseaux au plus grand nombre, c’est ainsi qu’est né Etho’Lau.

Mon souhait est de vulgariser au plus grand nombre la connaissance du cheval. Et tout ce que nous découvrons sur ce dernier au fur et à mesure des années grâce aux recherches. Et améliorer la connaissance contribue à améliorer le relationnel, le bien être… C’est un cercle vertueux.

Ce qu’il faut surtout comprendre avec le bien-être c’est que ce n’est pas de la simple bientraitance générale (donner à manger, à boire, …), c’est une impression positive propre à chaque individu. Et c’est là où réside toute la difficulté. Car deux chevaux traités pareil n’auront pas le même niveau de bien-être. D’où l’importance de s’adapter à chaque cheval en tant qu’individu et non en tant qu’espèce seule.

Le travail avec les chevaux que je propose découle forcément d’un maximum de connaissances apportées par l’éthologie dans un but de mieux faire avec le cheval. Quand on apprend par exemple que le cheval n’est pas territorial mais qu’il vit en famille sur un domaine vital où résident plusieurs autres groupes de chevaux ou que la dominance n’existe que sur des ressources et entre une même espèce et donc aucunement entre le cheval et l’homme, cela permet de modifier notre regard, mais aussi nos pratiques. Quand on se rend compte que la notion de respect ou de dominance est une projection humaine sur le cheval, ça change la donne ! Pompom n’est pas irrespectueux, il n’a juste pas bien compris nos limites à nous en tant qu’individu, ou il est juste débordé émotionnellement. Et quand on s’aperçoit également que les notions d’affinités entre deux chevaux sont parfois bien plus puissantes que la hiérarchie, cela permet de revoir notre posture. On veut que le cheval nous craigne ou on veut être un partenaire ?

 
 
J’accompagne aujourd’hui tous les publics, généralement adultes. J’interviens sur des séances de cours particulier à domicile ou dans les structures, en tant qu’indépendante. La majorité sont des particuliers, propriétaires, il y a aussi des demi-pensionnaires, ou encore des PRO du bien être équin, des moniteurs ou des gérants de structure ou de centre équestre.

La plus grande difficulté pour transmettre mon message est qu’il faut tout réapprendre, le cerveau doit se réadapter, on fait tomber beaucoup de barrières et d’idées reçues mais aussi on doit apprendre toute une utilisation de notre corps et une gestuelle, une motricité qui souvent sont bien installées à cheval mais qui doit se créer maintenant à pied. Les premières séances sont parfois éprouvantes par la réflexion et la concentration qu’elles demandent. Mais cet état ne dure pas et les réponses du cheval sont si magiques quand on ouvre la porte du travail à pied, qu’on a toujours envie d’y revenir et de progresser.

J’aimerais qu’après une séance avec moi, les gens ressentent une ouverture d’esprit, la sensation que c’est un monde nouveau qui s’ouvre, avec une connexion plus profonde avec le cheval, j’aimerais qu’ils repartent avec une sensation de clarté, de compréhension, mais aussi d’empathie et de prise en considération de leur partenaire cheval en tant qu’individu doué d’émotion et de réflexion. Et surtout l’envie de continuer dans cette lancée pour toutes les belles choses que cela apporte. Et les répercussions positives sur tout le reste !

Du moment où on arrête d’adopter une posture « dominant-soumission » et qu’on adopte une posture plus aidante, avec nos limites mais dans l’écoute émotionnelle du cheval et avec une expression corporelle plus « vivante », le changement est souvent flagrant dès la première séance. Et c’est ce qui me permet de travailler en liberté quasi intégrale dès la première séance dans de nombreux cas. On passe par exemple de chevaux diagnostiqués à tort de dangereux à des chevaux heureux de jouer et s’exprimer avec leur gardien parce qu’on a transformé notre posture et notre idée du cheval et qu’on le laisse exprimer. Et cela n’empêche pas d’adopter des règles de sécurité bien au contraire. Donc au final, les transformations sont toutes assez marquantes avec leurs spécificités.

🧩 Le jeu de cartes :

En 2020, j’ai constaté que mes élèves rencontraient des difficultés à travailler seuls en travail à pied : manque d’idées, répétitions excessives, ou peur de se lancer. Pour les aider, j’ai créé de petits exercices variés avec des règles simples afin de rendre les séances plus ludiques et constructives.

Encouragée par mes élèves puis par mon entourage, j’ai développé ce projet à partir de 2022, lorsque je me suis lancée 100 % à mon compte. Après plus d’un an de travail (création, graphisme, impression), j’ai lancé le jeu de cartes « Etho’Lau : 200 exercices de travail à pied » en précommande fin 2023, puis officiellement en mars 2024 via un site dédié : www.etholau.fr. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir mené ce projet à terme et heureuse de son accueil positif dans le milieu équestre.

Quand j’ai commencé le niveau débutant, je suis vite arrivée aux 50 exercices de bases, je savais que je voulais décomposer au maximum en 4 niveaux et j’ai donc décidé de faire 4 niveaux avec le même nombre d’exercices, soit 50 chacun. Ils sont tirés de mon imagination, et d’inspirations de toutes les disciplines qui proposent du travail à pied mais aussi des savoirs en équitation éthologiques.

Le niveau débutant permet d’acquérir les bases essentielles pour bien communiquer et préserver la confiance. Il se constitue d’exercices plutôt proches du cheval, sur de l’immobilité du pas et un peu de trot. Plus on monte dans les niveaux, plus on va aborder des notions plus complexes, comme les aspirations, les déplacements latéraux, les sauts, les allures, la grande distance, la liberté, des enchainements plus longs… Le niveau expert lui n’a presque plus aucune limite à l’imagination des exercices !

J’ai reçu beaucoup de retours qui m’ont touchée : le fait que cette idée est géniale et qu’elle le jeu devienne un indispensable pour construire des séances de travail à pied en faisant une multitude de choses différentes, je suis heureuse d’être allée au bout de ce projet quand j’ai des retours pareils. Et j’ai également apprécié le retour positif des utilisateurs sur l’imperméabilité et la résistance des cartes au quotidien.

Je dirais que deux cartes qui sont particulièrement marquantes pour moi sont les cartes de « politesse aux repas » et « placement au montoir », elles montrent à quel point le travail à pied est riche et n’est pas qu’une discipline mais bien une éducation générale du quotidien, pour aller vers une meilleure compréhension entre l’humain et le cheval.

Le jeu est commercialisé sur etholau.fr à la rubrique « le jeu », tout y est expliqué en détail. Et il ne faut pas hésiter avant toute commande à consulter mes réseaux Facebook et Instagram pour attraper au passage quelques réductions et codes promos. Surtout en cette période de Noël. J’ai plein d’idées pour l’avenir, mais chuuuuttt, je n’en dirais pas plus car je veux garder la surprise. Mais je peux dire ici en avant-première qu’une nouvelle déclinaison avec une thématique spéciale devrait sortir sur le milieu d’année 2026 !

▶️ La formation en ligne ?

Je propose également une plateforme de formation en ligne, Etho’Lau – la formation, 100 % dédiée au travail à pied et à la relation humain cheval. Elle est accessible par abonnement mensuel ou annuel ce qui permet d’avoir accès à la totalité de la plateforme en illimité pendant l’abonnement.

La formation Etho’Lau se compose de 9 thématiques avec environ 450 vidéos et plus de 80 heures de formation et je poste régulièrement du nouveau contenu. Les différents thèmes sont :

– Thématique 1 : Théorie et sciences équines
– Thématique 2 : Les bases du travail au sol
– Thématique 3 : Perfectionnement et découvertes en travail au sol
– Thématiques 4 : Cas pratiques éducation et rééducation
– Thématique 5 : Le monde du poulain
– Thématique 6 : Le jeune cheval après 1 an
– Thématique 7 : Embarquement et transport
– Thématique 8 : Autour du bien-être et des soins
– Thématique 9 : Le monde des ânes et des mules

La formation peut s’adresser à tout le monde ! Mais je dirai qu’elle s’adresse en priorité aux gardiens de chevaux qui ont envie de développer une relation saine, d’éduquer leurs chevaux dans un cadre cohérent, de découvrir et s’amuser en travail à pied et également curieux de découvrir les métiers du monde du cheval, car je travaille en collaborations avec de nombreux autres professionnels. Donc cela offre un cadre général pour s’occuper de son cheval au quotidien et mieux le comprendre.

Elle est 100% dédiée au travail à pied, à l’éducation au sol et elle va donc bien plus loin que tout ce qui existe en formation équestre car j’approfondis ce sujet qui est le sujet principal. Le fait de faire également découvrir des métiers dans le bien-être équin avec d’autres professionnels qui partagent leur savoir et connaissances est une richesse pour la plateforme.

Je me forme beaucoup, tous les ans, à différentes méthodes, techniques, sources scientifiques, et aussi approches plus intuitives. Cela me permet d’adapter mon approche et ma pédagogie pour mieux observer et mieux ressentir et ainsi le transmettre tout au long d’une séance ou dans mon quotidien.

Les émotions occupent une place prépondérante dans mon enseignement, et j’aimerais dans le temps pouvoir développer cet aspect et m’en servir encore plus, et surtout le développer dans la formation en ligne. Quand on comprend que c’est l’émotion du cheval ou de l’humain qui provoque tantôt des comportements positifs ou négatifs selon la valeur de l’émotion, on comprend qu’adopter une posture aidante avec son cheval, l’accompagner et l’aider à gérer permettront d’aller bien plus loin que le rentrer dans un cadre strict où on le dénude d’expression et parfois même où on punit trop souvent. Avoir un cheval « sage et respectueux » n’est pas gage pour lui de ressenti positif selon comment a été mené le travail et la gestion de ses émotions.

Ce que je veux que chaque personne retienne de ma formation est ce qui lui aura été bénéfique. C’est pour cette raison que je propose 9 thématiques, je souhaite surtout que chaque personne puisse y piocher ce dont elle a besoin. Pour découvrir ou développer ses connaissances.

🤠 L’équitation Western ?

Je ne pratique pas l’équitation Western, ni l’équitation en général d’ailleurs car à ce jour je monte rarement et seulement ma jument pour quelques balades et parfois pour lui faire voir un peu les vaches. Donc la discipline Western est une discipline que je connais très peu, au gré de quelques événements que je suis allée voir ou quand j’ai fait avec ma jument un peu de mountain trail, il y avait souvent des concours reining ou barrel en parallèle.

Mon impression personnelle, entre les concours de CSO et les concours western auxquels j’ai assisté (rarement) en tant que spectatrice, est une grande différence d’énergie générale entre les deux. Les ambiances sur les CSO sont je trouve très électriques, un peu stressantes, tout va très vite. Sur les disciplines western cela semble plus convivial, le rythme est plus lent et l’ambiance générale y est plus détendue.

D’ailleurs quand on me dit Western, c’est plutôt la petite fille en moi qui émerge, émerveillée, rêvant de grands espaces, de troupeaux immenses et de soirée au coin du feu accompagnés par des chevaux de travail extraordinaires. L’équitation Western me fait surtout penser à la vie de ranch, aux cowboys, plus qu’à la discipline.

Dans tous les cas, j’aime la finalité de cette éducation : un cheval calme, patient, avec cette capacité à se mettre au travail et en action extrêmement rapidement et à redescendre dans le calme le plus profond instantanément après, c’est toujours impressionnant. Ce sont des chevaux avec une très grandes conscience d’eux même et une grande gestion émotionnelle.

Certaines valeurs de l’équitation Western, comme la légèreté, l’autonomie, la précision, résonnent avec mon approche : en effet, c’est toujours ce que l’on recherche, une communication fine et précise et un cheval autonome, qui se fait confiance, qui est force de proposition et que l’on ne doit pas pousser ou harceler en permanence, ce qui est inconfortable pour l‘humain comme pour le cheval.

Je n’ai jamais assisté à un travail au sol issu de la discipline western. Mais disons que l’éducation du cheval avec des apports de l’éthologie n’étant pas une discipline mais une connaissance supplémentaire du cheval pour faire les bons choix dans son éducation, il est impossible de faire une comparaison et de mettre les choses face à face. Si le travail au sol en équitation western est serein, sans violence, sans immersion pour le cheval et cohérent, juste et s’appuie sur les connaissances récentes en éthologie alors on peut dire qu’il y a des points communs. A ce jour je n’enseigne pas une discipline mais une multitude de savoirs faire et de savoir être pour parvenir à progresser vers un objectif donné quel qu’il soit, tant qu’il respecte le cheval. Nous pouvons tout réaliser en travail au sol, il n’y a aucune limite. Si ce n’est celle de l’imagination.

L’équitation Western valorise également le calme intérieur du cavalier. C’est bien sûr également un pilier de mon enseignement. Facile à dire mais pas à faire, le calme et je dirai aussi la confiance en lui du cavalier sont pourtant essentiels. Mais c’est comme tout, ça se travaille, et pas forcément en présence du cheval. On sait aujourd’hui à quel point le cheval est sensible à la contagion émotionnelle et à quel point nos émotions peuvent venir parasiter les leurs, et donc par effet de ricochet parasiter les apprentissages. Donc autant les parasiter avec des émotions positives, et ça s’apprend !

Les cavaliers western, comme les cavaliers d’autres disciplines, ont tout à gagner à s’intéresser à l’éthologie scientifique. L’éthologie c’est l’étude des mœurs, donc elle permet une connaissance générale globale du cheval pour faire le moins de faux pas possible. Elle devrait être enseignée, vulgarisée auprès de toutes les personnes en relation avec les chevaux et peu importe la discipline.

Cependant, si je me rapproche de la discipline western, qui repose déjà sur la légèreté, la précision et la disponibilité du cheval, disons que l’éthologie permet de comprendre pourquoi ces méthodes fonctionnent et comment les rendre encore plus efficaces et les améliorer en recherchant le mieux-être du cheval.

L’éthologie scientifique éclaire notamment sur les mécanismes d’apprentissage. Elle aide à reconnaître et interpréter les signaux émotionnels du cheval : tension, seuils de tolérance, signes précoces d’inconfort. Cette lecture fine permet d’éviter les conflits et de préserver l’état mental du cheval, particulièrement important dans des disciplines qui exigent calme et disponibilité.

Disons que l’éthologie scientifique peut donner aux cavaliers western, une base théorique solide et des outils pour rendre la relation cheval–cavalier encore plus claire, plus respectueuse et plus performante.

🎪 Le salon du cheval de Lasseube ?

En février 2024, nous avons fondé avec une petite équipe de professionnels passionnés dans le milieu du cheval, l’association « Lasseube Terre de Cheval ». Lasseube c’est notre village, un village très riche de passionnés de chevaux et de professionnels, au cœur des Pyrénées-Atlantiques. Et nous avons réalisé un vrai exploit dans ce petit village, y créer un salon du cheval ! Qui a été un vrai succès. J’ai le plaisir d’être présidente de cette belle association et d’avoir joué un rôle d’organisation et de coordination générale pour que tout roule le jour J. J’ai également été en charge de la création du programme et des intervenants sur la journée. Mais nous avions une merveilleuse équipe de bénévoles et une association aux membres particulièrement actifs et impliqués ce qui a fait de cette journée une aventure incroyable.

Nous ne savions pas trop où nous allions, mais le salon a très vite pris une tournure « salon du bien-être équin » lorsque nous avons commencé les inscriptions pour les stands et les conférences et animations. Cela a beaucoup plu et attiré beaucoup de visiteurs. L’idée était de réunir en une journée des passionnés de chevaux, des professionnels, des personnes aguerries dans le milieu du cheval mais également des personnes complètement néophytes, des villageois, des familles … Nous souhaitions un salon tout public mais avec des spécificités pour chacun et pari réussi.

Les retours ont été très positifs, et ce type d’événement était en fait très attendus car nous avons quelques événements équestres aux alentours, mais aucun salon du cheval existant vraiment proche sur le secteur. Quand on gère l’organisation, tout est très fort et très intense, les mois précédant le salon ont été très difficiles mais la journée a été incroyable et j’ai vraiment apprécié de prendre le temps d’échanger avec les intervenants et de voir les retours positifs et les sourires sur les visages. Ce qui m’a cependant le plus marqué c’est l’implication sans faille que nous avons eu de la part des bénévoles du début à la fin du salon, merci à eux.

L’expérience n’avait pas forcément vocation à être renouvelée mais face à autant de succès tout le monde a souhaité une deuxième édition. Nous espérons donc vous retrouver nombreux pour notre deuxième édition du salon du cheval de Lasseube qui aura lieu le dimanche 27 septembre 2026. Et oui, j’aimerai y intégrer un peu plus d’équitation et de présentations de disciplines avec des démonstrations notamment en équitation western. Affaire à suivre. Si vous pratiquez l’équitation western et que vous êtes intéressés pour intervenir, contactez-nous : lasseubeterredecheval@gmail.com.

🔮 Ton avenir ?

Je souhaite continuer à me former et … Me reposer un peu ! J’ai réalisé tant de choses en si peu de temps, en 3 ans j’ai lancé complètement à 100% mon activité dans le cheval, j’ai créé tout un jeu de cartes d’exercices pour construire ses séances de travail à pied, j’ai monté ma plateforme de formation en ligne dédiée au travail au sol avec plus de 450 vidéos, bref je n’ai pas chômé, il est temps de lever un peu le pied. De faire perdurer la solidité de tout cela.

Pour le moment je veux continuer à me former car de nouvelles méthodes me font de l’œil pour rajouter des cordes à mon arc, et je réfléchis aussi à proposer d’ici 2026 des accompagnements en visio qui sont une demande récurrente.

🗨️ Le mot de la fin ?

En tant que professionnelle je me dois d’être informée au maximum pour ne pas me reposer sur mes acquis et voir ma pratique s’appauvrir ou prendre un coup de vieux avec des méthodes qui deviennent discutables face aux nouvelles connaissances. Je me dois d’apprendre encore et toujours, m’intéresser à tout avec une grande ouverture d’esprit et savoir distinguer ce que je garde et ce que je vais laisser de côté, sans jugement mais en développant un esprit critique grâce aux connaissances existantes et en tentant de faire le moins d’interprétations possibles pour rester dans le plus juste possible.

L’éthologie est un domaine où l’on doit constamment observer sans préjugés, analyser avec rigueur et accepter de se remettre en question pour s’adapter au cheval et à ce que la science nous apprend au fil du temps. Apprendre et comprendre encore et toujours pour évoluer.
Ouverture d’esprit / curiosité, esprit critique, formation permanente et remise en question sont des valeurs clés pour progresser, comprendre et grandir.

✨ Merci à Laura pour son ouverture, son regard éclairé et sa volonté de faire progresser la relation humain–cheval, au bénéfice de tous ! ✨

Pour la contacter :

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Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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