RENCONTRE avec… Aurore Cachera, sellière artisanale !

Plonger dans l’univers de la sellerie, c’est entrer dans un monde où le cuir devient un langage, où chaque geste raconte une histoire et où le confort du cheval guide chaque décision. Derrière une selle, il n’y a pas seulement un objet : il y a des heures de travail patient, un savoir-faire transmis, des choix techniques précis et une véritable philosophie du respect équin.

⭐ Culture ⭐ Tradition ⭐ Respect ⭐

🐎 Tes débuts en équitation ?

Ce sont mes parents qui m’ont mise en contact avec les chevaux dès toute petite. Aussi loin que remonte ma mémoire, les chevaux font partie de ma vie. J’ai commencé, comme beaucoup je pense, en poney club et j’ai très vite été attirée par la rando équestre. J’ai un parcours un peu « touche à tout » dans l’équitation classique et divers sports équestres (horseball, polo, attelage, …).

Mes premiers cours en western par contre ont été bien plus tard, autour de 23 ans, dans un ranch en Alsace lorsque j’étais employée chez Hermès en Franche-Comté.
J’ai toujours été passionnée depuis toute petite par les USA, leur histoire et les peuples natifs américains.

C’est donc assez naturellement que j’ai été attirée par cette équitation et le matériel qui va avec. Et puis, en la pratiquant, le calme et l’éducation des chevaux dans le western, le confort et la praticité de l’équipement, pour les équidés comme pour nous, ça a fini de me faire devenir accro !

Je ne monterais plus jamais en classique ! Je n’y trouve plus du tout le sentiment de sécurité et de sérénité que j’ai dans le western.

Pour moi, il est juste inconcevable d’être sellière sans être cavalière et sans pratiquer l’équitation que j’équipe. Je ne peux pas apporter un bon conseil et avoir un regard éclairé sur un matériel que je n’utiliserais pas. Et souvent, je fais cobaye des nouveautés qui sortent de l’atelier ou des nouveaux savoir-faire que j’intègre. Mon mulet est de la partie aussi !

📜 L’origine de ta sellerie ?

Ma première selle a été une de celles que je nomme « Horizon », minimaliste, un peu « dépouillée ». Inspirée de certaines selles d’époque 1860/1880 que j’adore !

On en voit une grande partie de l’arçon, et elle m’a permis d’aborder la conception des selles de façon plus simple pour mes débuts. En fait on va dire que c’était ma première expérience autour de la fabrication de selles, avec toujours l’ami de l’époque qui m’avait aidé pour mes chaps.

 

Mais je me suis vite trouvée limitée et un peu frustrée. Et j’ai eu envie d’aller plus loin. Donc ma première selle complète, regroupant tous les savoir-faire, je l’ai faite avec Yves Lesire en 2023. C’est une Wade. Celle-ci a une très très grosse valeur sentimentale pour moi. Elle représente tant de choses, tant d’années de pratique, de passion, de remise en question, de doutes. Elle m’a sortie de tellement de zones de confort et elle m’a offert tellement d’ouvertures vers de nouvelles et belles choses. Elle est l’ouverture d’un nouveau chapitre de vie très très important.

J’ai beaucoup de mentors qui m’inspirent ! En France d’abord, il y a Aldo évidemment, mon mentor numéro un ! Il aura à jamais cette place. Et il m’a fait découvrir le travail de deux autres selliers que j’admire : Yves Lesire et Jean-Luc Parisot. Ce sont pour moi deux des trois plus grands selliers qu’on a, le troisième étant Christophe Berti, qui fait des selles classiques et surtout Camargue d’exception !

Yves, bien-sûr, a aujourd’hui une place à part. Nous travaillons ensemble, il m’a fait l’honneur de me confier la suite de son travail et de me passer le flambeau. Je suis en apprentissage continu à ses côtés, et c’est un privilège dont je ne me lasserai jamais tant son art est complet et abouti. Il m’a ouvert la porte des USA où j’ai pu rencontrer tellement de belles personnes et de grands selliers ! Et j’ai toujours plaisir à échanger avec les gens du métier, même sans travailler avec eux directement.

Aux USA d’ailleurs il y a plusieurs modèles pour moi : Bob Park, Troy West, Jeremiah Watt, Pedro Pedrini (français d’origine), Cary Schwartz, Don King, et j’en oublie, il y en a tellement que j’admire ! Et des femmes aussi : Nancy Martiny, Caroll Gessel entres autres.

👜 Maroquinerie v/s sellerie ?

Entre maroquinerie et sellerie western, c’est tellement différent et complémentaire à la fois. Ce sont deux spécialités à part mais qu’on peut parfois combiner.

On va dire que je ne me sens jamais plus artisane que quand je fais une selle tellement les savoir-faire sont riches, variés et complexes. C’est la quintessence du métier à mes yeux ! La maroquinerie, selon comment elle est pratiquée, est quant à elle d’un grand raffinement, mais plus « soft ». J’avoue moins m’y retrouver. Je m’y sens plus « étriquée ».

🛠️ La conception d’une selle ?

Le design et les ornements (repoussage, teinture, bouclerie) sont discutés dès le début avec le client et tout le long de la conception. Je peux ainsi apporter des modifications si nécessaire. Le client est acteur de la réalisation du début à la fin. Je fais toujours un reportage photo, et demande confirmation avant de réaliser certaines étapes et décorations. C’est un investissement pour mes clients, il est normal qu’ils aient le plus de choix et de libertés possibles.

Il y a un apport de conseils évidemment, et des contraintes techniques à respecter, mais sinon j’aime que mes clients puissent avoir un maximum de choix pour répondre à leurs goûts, dans la limite du réalisable. Les goûts des clients sont un élément essentiel à la conception des articles dans mon atelier.

Une fois que le client a validé sa commande, je lui envoie soit un arçon dont je connais parfaitement les cotes, soit un kit de prise de mesures simple à utiliser, et ainsi on peut démarrer le travail de prise de mesures de son animal.

J’accompagne mes clients sur place ou à distance : avec les bons outils et les moyens de communication modernes cela se fait sans aucun souci.

Une fois les mesures de l’équidé prises, que le client m’a donné les siennes, l’arçon est commandé. Il faut, selon les modèles et spécificités de la selle, entre 2 à 6 mois pour recevoir l’arçon. Ils sont faits par un artisan également.

Les arçons sont exclusivement en bois, recouverts de rawhide ou de fibre/résine. Mais toujours toujours du bois ! Cette matière a plus que fait ses preuves et elle surpasse en tous points les matières « modernes » en termes de durabilité, de fiabilité, d’apport de rigidité tout en gardant une part de souplesse (infime mais là tout de même) et surtout elle est un ancrage sûr pour nos vis et nos clous !
L’arçon réceptionné, j’attaque la conception. Le travail sur le fond de siège est absolument primordial. Celui des skirts aussi. Ce sont les deux points clés pour une selle bien adaptée et de qualité après l’arçon : un ground seat et un blocage des skirts parfaits ! Le meilleur des arçons ne vaudra rien si ces deux étapes ne sont pas réalisées avec soin et précision.

Le travail de conception ensuite alterne entre diverses grosses étapes comme le fond de siège (ground seat), le moulage du fork, l’habillage de la corne, la conception des back jockeys, le strap work (fenders, étrivières, sanglage, …).

Sans oublier le repoussage, les petites pièces indispensables (strirrups hobbles, latigo catcher, cinch holder…). C’est très varié comme travail. A la fois technique, physique, précis mais aussi fait de feeling.

Pour le cuir, c’est un peu particulier car nous avons besoin d’un cuir qui prend correctement l’eau pour être moulé et aussi pour le repoussage. Nous utilisons donc des cuirs américains, spécialement conçus et tannés pour cet usage. En France, nos cuirs sont excellents mais pas adaptés à la sellerie western. Ce n’est pas notre culture, il est donc normal d’utiliser les matières adaptées, venant du pays les maîtrisant le mieux. C’est un cuir à tannage végétal très peu nourri. Nous apportons les produits de finition et protection durant la conception. Nos peaux de mouton naturel viennent aussi des USA, tout comme le latigo. En revanche, pour nos cuirs à tannage minéral, nous utilisons des cuirs français, notamment d’une tannerie qui fournit Hermès.

Pour la fourniture du cuir, je travaille beaucoup avec Logis de Cordes, car il est le fournisseur français exclusif du cuir Hermann Oak utilisé pour les selles et le repoussage. Il fournit également de la bouclerie de qualité, comme la Jeremiah Watt, ou de la bouclerie plus « classique ». Pour les autres cuirs je travaille avec divers tanneurs français comme Carriat. Sinon j’ai des fournisseurs aux USA pour des choses plus spécifiques ou techniques.

Pour la fabrication d’une selle, il faut compter environ 4 semaines de fabrication une fois l’arçon reçu. En termes de délai global entre le carnet de commande, la réception de l’arçon et la fabrication, on est en moyenne entre 4 et 6 mois de délai. Tout dépend de la charge de travail à l’atelier.

Je passe du temps assise dans la selle durant toute sa conception, surtout pour le ground seat, et tout est vérifié et revérifié, checké et rechecké au cours de la fabrication. Chaque étape est validée et revalidée. Pas le droit à l’erreur avec la sécurité ! Et je n’utilise que des matières et des fournitures connues et de confiance. Après, c’est le client et surtout l’animal qui me font leur retour à l’utilisation.

Le retour positif d’un client à la première utilisation de sa selle est ma plus grande satisfaction ! Je touche du bois pour le moment, ça a toujours été le cas !

🧾 Le prix ?

En prix de base, je suis à 4500 € avec des options comprises (du repoussage, le padded seat, le twist des étrivières, …).

Mais en moyenne, nous sommes plus autour de 5500 à 6000 €, dès lors qu’il y a du travail de repoussage plus conséquent. C’est lui et le choix des équipements optionnels qui influencent le coût final. Mais je fais aussi des selles « light » plus minimalistes et moins coûteuses pour être accessible au plus de budgets possibles.

J’ai choisi de fabriquer uniquement en France parce que c’est mon pays, que je l’aime, et que j’ai à cœur de combiner les savoir-faire français aux américains. C’est une fierté de faire du made in France tout en étant un peu porteuse d’une culture différente et encore trop peu (re)connue chez nous.

💚 Le bien être du cheval ?

Ce sont les mesures prises à la commande qui sont déterminantes. On fait attention aux angles d’ouverture avant et arrière, à la taille du cantle, du gullet, à l’écart entre les barres, au rock et au twist (effet bascule et hélicoïdal des barres). Equipant les mules également, ces deux derniers points sont très importants car ce sont eux qui différent le plus des chevaux pour les équiper correctement.

Mais on fait également attention à la longueur de l’arçon, parfois en conseillant un autre modèle de selle que celui voulu de base par le client. En effet, pour équiper des dos courts mais avec de grands sièges par exemple, on est parfois limités dans les modèles possibles.

Et ensuite c’est le travail des skirts qui est déterminant pour respecter les données de l’arçon : s’il est mal fait, cela fausse la pose de l’arçon sur le dos de l’animal. Pareil pour l’équilibrage du sanglage qui doit être parfaitement symétrique.

Une selle mal adaptée à un animal peut provoquer beaucoup de dégâts. Cela peut évidemment apporter des problèmes de dos mais également des soucis d’allures, des douleurs de compensation, de pression. Cela peut apporter des soucis comportementaux parfois, voir même traumatiques lorsqu’un certain degré de douleur est franchi.

Beaucoup de signes d’inconforts sont possibles, certains parfois qui peuvent paraitre légers ou non associés à la selle. Un cheval qui se fige, qui « tricotte » dans ses allures, qui boite, qui fouaille de la queue. Ou bien qui plisse les naseaux ou qui mord lorsqu’on le selle, ou qui bouge, qui essaye de se dérober à la pose de la selle. Un cheval qui buck, qui fuit le montoir, qui ne veut plus faire certains mouvements ou certaines allures. Un cheval qui va essayer de mordre les jambes ou ses flancs au travail. Un cheval qui encense, qui grinche des lèvres ou des dents. Certains chevaux s’étendent ou courbent le dos aussi ou lèvent le garrot.

Mais parfois on pense de suite à la selle alors que ce n’est pas le soucis…
 
 
La bonne répartition des pressions est également essentielle, c’est la base d’une selle western. De toute selle de travail d’ailleurs. C’est sa fonction première avec celle d’être un lien de communication entre le cavalier et sa monture.

J’ai travaillé avec des ostéopathes pour me former en biomécanique, surtout pour les mules. Et quand un client le souhaite, il se fait évidemment accompagner par son ostéo et je prends en compte son retour.

Par contre, pour les saddle-fitters c’est non, puisque cela fait partie de mon métier. Un saddle-fitter n’est que rarement sellier, mais un sellier est toujours saddle-fitter (sinon c’est qu’il y a un gros souci !).

Il est important de sensibiliser les cavaliers à un bon ajustement, en communiquant avec le plus de bienveillance et de pédagogie possible. En étant le plus nombreux possible à être formés et informés correctement pour faire passer le message. En faisant bouger les institutions, les fédérations et les milieux professionnels.

On constate une évolution dans la prise en compte du bien-être animal. Les gens sont plus à l’écoute et plus informés aussi. Mais il faut faire attention à ne pas tomber dans des excès inverses. Cela reste « l’utilisation contre nature » d’un animal. On peut le faire avec respect, dans la collaboration avec lui, mais sans être dans un monde bisounours.

🛡️ La sécurité et le confort du cavalier ?

La selle est essentielle dans la sécurité du cavalier. Une mauvaise selle peut conduire à des accidents extrêmement graves. C’est une pratique qui peut être dangereuse où la qualité du matériel est indispensable pour garantir un maxi-mum de sécurité au cavalier comme à sa monture. Ma responsabilité est effectivement énorme de mon point de vue, je ne l’oublie jamais.

On prend en compte le confort du cavalier de la même manière que sa monture. Avec la facilité de pouvoir en discuter avec le cavalier. On cherche à apporter la meilleure position possible et tout le confort nécessaire à l’utilisation.
Un bon siège, avec un fond adapté à la morphologie et la discipline principale pratiquée, des fenders et étrivières à la bonne taille et twistées, des étriers de qualité.

La biomécanique de l’humain est également connue et prise en compte. La corpulence, la taille et les habitudes de monte font partie des points adaptés à chacun sur mes selles.

🖐️ Selle artisanale v/s selle industrielle ?

La plus grande erreur que l’on peut faire lors de la recherche d’une selle, c’est vouloir absolument aller soit au plus léger, soit au moins coûteux. Les critères d’une bonne selle western sont la sécurité, l’équilibre, le confort, la praticité, le lien de communication entre l’animal et son cavalier. Non négociables, ce sont les essentiels !

Les principaux défauts sur les selles industrielles sont le manque de qualité des cuirs et des arçons, l’absence du bon placement des pièces sur une peau pour garantir leur intégrité à l’usage (on voit des pièces de sanglage ou des étrivières tirées dans du collet ou du flanc, horreur !), il est privilégié la rentabilité de la peau, on case le plus de pièces partout en jouant à Tétris…

Également le manque d’ajustement avec des « faux standards », les tailles Quarter, Full Quarter, XFull Quarter ne veulent rien dire ! L’utilisation de matière synthétiques comme le « mouton » des skirts. Et le non suivi des selles à l’usage.

Et quand on me parle de selle « barefoot » ou « sans arçon », je dis : « Allez à Decathlon, remplissez un sac à dos sans armature avec des objets durs, faites le tour du magasin en courant, faites la même chose avec un sac à dos avec une solution de maintien et on en reparle ! » Si depuis des décennies, sur tous les continents, dans toutes les équitations, on utilise des arçons rigides pour monter les animaux quels qu’ils soient, ce n’est pas pour rien…

Je pense que, que ce soit chez moi ou un autre artisan (correctement formé), il n’y a aucune comparaison possible entre une selle artisanale et une industrielle. Ce sont deux mondes à part. Libre à chacun de préférer l’un ou l’autre et d’y mettre les moyens aussi, j’entends tout à fait qu’il n’est pas à la portée de tous de se payer une selle artisanale.

Il y a des selles industrielles tout à fait correctes, tout n’est pas à jeter. Il faut par contre bien se faire conseiller. Il y a de très bonnes boutiques qui font bien leur travail de ce côté pour les clients qui souhaitent se tourner vers ce type de selle.

Pour ce qui est des autres artisans, c’est au client seul de répondre et de faire son choix. Nous avons chacun nos styles, nos façons de faire, notre vision des choses et notre feeling avec les gens. Je n’ai pas à juger du travail de mes confrères et consœurs, et il y a du travail pour chacun si chacun respecte les autres et leur travail.

🧽 L’entretien ?

C’est du bon sens, mais bien utiliser sa selle est la clé, bien l’entreposer aussi. Ne pas la jeter n’importe où, n’importe comment, ne pas l’entreposer dans un endroit humide, la protéger des insectes et rongeurs.

Ne surtout pas abuser de la graisse, mais entretenir avec de bons produits, de qualité, naturels (c’est de la peau morte et tannée, mais de la peau tout de même). Ne pas utiliser de crème pour bébé, ou Nivéa ou autre vendue en supermarché.

Nettoyer après chaque usage les parties sensibles comme les pièces de sanglage ou celles qui sont au contact de la sueur de l’animal (arrière des fenders par exemple). Bien dépoussiérer et nettoyer les coutures, les jonctions de pièces, les coins cachés (par exemple la partie de l’étrivière qui passe autour de la barre d’arçon, en la faisant coulisser pour nettoyer la partie inaccessible qui peut finir par craqueler si on l’oublie).

Laisser sécher hors source de chaleur dans un endroit ventilé en cas de grosse pluie ou roulade dans un étang (oui oui, c’est du vécu).

Un bon sellier donnera toujours des conseils pour l’entretien et l’utilisation du matériel qu’il vend. Cela fait partie du métier et du suivi de nos produits.

Je garantis la durabilité de mes selles en utilisant les meilleurs matériaux possibles, avec les savoir-faire et techniques adaptées. En tirant mes pièces de cuir dans les parties de peau adaptées, en respectant scrupuleusement certaines techniques de montage. Et en mettant des limites à certaines demandes quand je pense atteindre la durabilité et l’intégrité de la selle. En suivant chacune de mes selles, même une fois livrées, et en assurant toujours un rôle de conseil, sans limite de temps

💡 Les innovations récentes ?

Pour les arçons je trouve que la fibre/résine pour la couverture du bois est une bonne chose. Cela apporte plus de légèreté, et plus de précision pour notre travail que le rawhide, tout en garantissant une couverture « souple » mais solide et un bon maintien de l’arçon.

Par contre, je ne suis vraiment pas fan des arçons flexibles qui font perdre le coté répartition des points de pression, voire en apportent de façon tout à fait aléatoire selon le chargement de la selle et les mouvements de l’animal et du cavalier. On ne répartit rien correctement avec une base flexible qui bouge de façon aléatoire…

Quant aux arçons ralide creux, je ne préfère même pas en parler tellement je trouve ça hérétique et dangereux !

Pour tout ce qui est tests de pression, thermique et autres, ce sont des outils précieux pour nous aider à adapter toujours mieux le matériel aux équidés.

🤝 La relation avec les cavaliers ?

Ma relation avec mes clients cavaliers est à 98 % excellente, j’ai la chance d’avoir des clients supers ! Il y a souvent de belles rencontres, de beaux échanges. Ce sont de gros projets pour eux, parfois la concrétisation d’un rêve ou d’années d’économies, ou l’espoir d’apporter un réel plus à leur animal. Alors c’est souvent chargé d’espoirs et d’émotions. Je suis très sensible à ça. Je veux faire plaisir aux gens et du bien aux bêtes !

J’ai reçu un jour une commande hommage qui m’a bouleversée, il y en a de temps en temps, mais celle-ci a été très forte, et encore heureux, je n’en ai été informée qu’une fois la commande faite ! Sinon je crois que cela aurait été émotionnellement trop compliqué à gérer. Mais tellement honorée d’avoir fait ce projet avec ma cliente et répondu à ses attentes. Ce sont des moments forts et précieux dans la vie d’un artisan.

🤠 L’équitation western ?

L’évolution de l’équitation western en France, c’est juste génial ! Il faut que cela continue, mais dans le respect de la culture western évidemment. Il ne faut pas dénaturer ce milieu si riche, ni tomber dans les stéréotypes.

Il y a beaucoup de femmes en sellerie, plus que les hommes maintenant, et dans l’artisanat en général d’ailleurs. Par contre, dans le monde western, je trouve parfois que cela reste une place difficile à prendre en tant que femme. Il faut faire ses preuves et bien maitriser son sujet pour gagner ses galons… Il reste un peu de chemin à faire de ce côté-là. Ça reste un monde un peu macho et « gros bras ». Chose qu’on ressent beaucoup moins aux USA !

📚 La transmission du savoir-faire ?

Cela fait partie du quotidien de l’atelier, des formations sont réalisées toute l’année à l’atelier ou en déplacement sur demande.

Chaque projet est étudié, de la simple initiation à la formation longue. Je suis certifiée Qualiopi donc ouverte aux financements publics. J’ai voulu ainsi être accessible à un maximum de profils de stagiaires et ouvrir mon atelier à tous en apportant une solution de soutien financier aux projets de formations des gens.

Ici on peut venir faire de tout, de l’étui de couteau à la selle, en passant par les chinks, la briderie, le matériel en mohair ou la préparation au CAP en candidat libre.

💬 Le mot de la fin ?

J’aimerais que les gens retiennent que je fais mon métier avec passion en étant un maximum à l’écoute de mes clients, et que je m’efforce de proposer toujours le meilleur en termes de qualité et de niveau de travail. Mais que cela reste mon métier avant tout, qui doit me faire manger, et que je ne peux pas m’aligner avec l’industrie ou les personnes qui font ça en deuxième activité ou en loisirs. La passion occupe toute la place dans mon métier, sinon je n’aurais pas tenue si longtemps !

Mon travail est fait de l’amour des beaux gestes sur une matière noble et au service du plus merveilleux des partenaires.

✨ Un immense merci à Aurore pour son temps, sa passion et la générosité avec laquelle elle partage son métier. ✨

Pour la contacter :

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Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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