RENCONTRE avec… Julien Joukje, professionnel du cheval et adepte du western old time !

Professionnel du cheval depuis 15 ans, spécialisé dans l’éducation du jeune cheval, dans la rééducation, et dans la préparation des chevaux d’extérieur et de travail, Julien nous partage son parcours, sa vision du cheval et de l’équitation western, ainsi que la philosophie qui guide son quotidien : « le cheval partenaire ».

⭐ Horsemanship ⭐ Cow Working ⭐ Partnership ⭐

Je m’appelle Julien, et j’ai monté le Horse and Liberty Ranch. Je suis professionnel du cheval depuis 15 ans, éleveur bovin et ovin, enseignant d’équitation diplômé spécialisé dans le débourrage et l’éducation des jeunes chevaux, la rééducation des chevaux à comportements indésirable ainsi qu’à la préparation des chevaux d’extérieur et de travail (monté ou attelé).

🌱 Tes débuts ?

La passion pour les chevaux a toujours été là. Ma mère aime dire que j’étais à cheval avant même de savoir marcher…

J’ai commencé par un parcours plutôt classique : d’abord le complet, puis le TREC, que je pratique toujours, ainsi que le tir à l’arc à cheval. Je fais aussi du dressage « classique », que je trouve très complémentaire pour l’éducation et la préparation physique des chevaux.

J’ai découvert l’équitation western à l’adolescence lors d’un stage d’initiation, puis à 20 ans en découvrant le travail de ranch — et c’est à partir de là que c’est devenu mon métier.

Ce qui m’a immédiatement séduit dans l’équitation western, c’est le principe du cheval partenaire, particulièrement présent dans le western « ranch », qui est devenu mon credo.

🪢 Le ranch ?

Créer ma propre structure était à la fois un rêve d’enfant — ouvrir un ranch et vivre comme un « cowboy » — et l’envie de développer un lieu de partage des connaissances et d’enseignement, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels.

L’implantation dans le Gers est née d’un hasard. Je souhaitais quitter le Var car la vie pour les chevaux y devenait vraiment compliquée : prix du foin, de l’eau, manque d’espace disponible, risques d’incendies… Une opportunité s’est présentée dans le Gers et j’ai choisi de la saisir.

Le nom du ranch (Horse and Liberty Ranch) vient de l’idée d’offrir aux gens la possibilité de venir faire ce qu’ils ont envie, de la manière la plus simple et la plus libre possible. Je définirais l’ambiance du ranch comme familiale, conviviale, bienveillante et chaleureuse.

Aujourd’hui, il y a 24 équidés sur la structure : 4 chevaux en pension à l’année, 4 chevaux en travail quotidien (débourrage, éducation, rééducation…), et le reste est composé des chevaux d’école et de ma cavalerie privée. Je n’ai pas de race de prédilection : tous les chevaux peuvent devenir des partenaires de notre quotidien. La seule règle d’or est de « ne demander au cheval que ce qu’il est capable de faire ».

L’apprentissage ?

La préparation d’un jeune cheval commence par la préparation mentale — développer sa curiosité, sa confiance dans l’environnement et envers l’humain — puis vient la préparation physique et la proprioception. La relation avant le travail est primordiale.

L’apprentissage se déroule en trois grandes étapes : l’éducation au sol, les longues rênes et la mise sous la selle, avec des sorties extérieures qui interviennent à chaque étape.

Le travail à pied a une place très importante dans mon approche : tout part de là. Je cherche d’abord à créer le dialogue en liberté, puis j’éduque à pied, et ensuite seulement je prends la direction souhaitée — monte ou traction. Le premier contact du cheval avec la selle et le cavalier se fait de manière très décomposée, sans brûler aucune étape, pour que le cheval reste toujours dans la compréhension et l’acceptation.

Le travail en extérieur tient également une très grande place. Un cheval serein dans son environnement est un cheval beaucoup plus sécurisant pour son cavalier.

Je travaille aussi avec les propriétaires, afin d’assurer une transition optimale entre eux et moi, pour que le cheval ne se sente jamais « perdu ». Ce que je recherche dans la relation cheval–cavalier pourrait se résumer en un mot : la symbiose.

Selon moi, les erreurs les plus fréquentes dans l’éducation d’un jeune cheval sont de ne pas leur laisser le temps et de vouloir les faire rentrer dans le « moule » d’une seule méthode. Je ne me limite effectivement pas à une seule méthode et je suis très pluridisciplinaire ; indirectement, je pense donc avoir développé ma propre philosophie. Chaque cheval est différent dans son apprentissage — rythme, intensité, caractère, sensibilité — et je mets un point d’honneur à m’adapter à chacun d’eux.

Ce qui me rend le plus fier dans mon travail au quotidien, c’est de voir la sérénité et la confiance dans les yeux de tous les chevaux qui passent au ranch.

🌟 Le cheval partenaire ?

Quand je parle de « cheval partenaire », cela signifie que mes chevaux — Joukje et Jakari — sont pleinement au centre de mon activité. Sans eux, rien n’aurait de sens. Ils m’aident sur les vaches, dans la préparation des jeunes chevaux (ponying, accompagnement en extérieur, mise aux vaches), dans l’encadrement des cours et des stages, dans le spectacle, et dans bien d’autres tâches encore. C’est ça, pour moi, le cheval partenaire.

On reconnaît qu’un cheval est vraiment partenaire lorsqu’il vous apporte ce « petit truc » en plus que vous ne lui avez pas demandé, surtout lorsque vous êtes en difficulté ou en danger.

Si je devais résumer ma philosophie en une seule phrase : « pour le cheval, par le cheval… ».

🤠 Le western ?

Je pense que l’équitation western est aujourd’hui mieux comprise en France, même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Le développement du western de loisir, sans orientation concours, est une très bonne chose : le concours ne devrait jamais être une finalité obligatoire.

Pour moi, le western est avant tout un état d’esprit, sans hésitation. S’il ne fallait transmettre qu’une seule valeur du western, ce serait celle du cheval partenaire, évidemment.

🤝 L’avenir ?

Pour les années à venir en France, je pense qu’on va voir une vraie professionnalisation de la filière et un enseignement plus adapté. L’éducation et la prévention devraient avoir une place bien plus importante qu’actuellement dans le milieu équestre, sans hésitation.

La relation homme–cheval évolue déjà dans le bon sens, et c’est positif, mais il faudra veiller à ne pas tomber dans l’extrémisme inverse de l’anthropomorphisme.

Les cavaliers tendent, eux aussi, vers davantage de respect et d’écoute — même s’il reste encore beaucoup de chemin à faire.

Le plus grand défi du cheval moderne est de trouver une place juste et éthique dans tous les milieux concernés — et c’est exactement le même défi pour le cavalier moderne.

Pour les projets à venir du Horse and Liberty Ranch : l’objectif est de tendre vers la formation des futurs professionnels de la filière. La partie formation et les stages pour cavaliers sont déjà en activité, avec un rythme qui me convient.

🐎 Le western old time ?

J’ai découvert le village western de Carchet City grâce à un ami, feu Den’s West, l’ancien président de l’association. J’y participe en tant que bénévole depuis cette année.

Ce lieu représente pour moi le rêve de l’enfant qui s’abreuvait des vieux westerns et qui voulait être cowboy. Lors d’une journée de représentation, on plonge complètement dans l’ambiance du Far West des westerns spaghetti.

Mon rôle pendant les animations est variable selon les scénarios imaginés. Je suis assez polyvalent : un jour du côté du shérif, et le lendemain avec les bandits.

Pour préparer un spectacle western Old Time, il faut s’imprégner du comportement et des traditions de l’époque.
Les scènes les plus courantes sont l’attaque de banque, la partie de poker qui dégénère… mais nous faisons aussi beaucoup d’improvisation durant la journée, comme des duels ou d’autres scènes.

Mon cheval Jakari ne m’accompagne pas toujours, mais autant que possible. C’est mon compagnon de « bêtises » : il a un caractère très joueur, aime énormément l’interaction sociale et nous avons développé une relation basée sur le jeu et la complicité.

Notre lien s’est construit de la manière la plus naturelle qui soit. Il est arrivé dans ma vie alors qu’il était jeune poulain et je l’ai simplement laissé me conduire dans la direction qui lui plaisait le plus. Même s’il est aussi un excellent cheval de travail, il préfère largement le côté spectacle.

En spectacle, Jakari reste égal à lui-même et toujours constant — c’est d’ailleurs l’une de ses grandes qualités.
La scène procure un sentiment presque indescriptible, très grisant, et ce que j’aime le plus, c’est que malgré les lumières, le bruit, la musique et le public, on est là tous les deux, et rien ne nous déconnecte. La complicité cheval–cavalier dans ce type de représentation est très forte : je n’ai que rarement ressenti une connexion aussi intense.

Je pense qu’il existe un intérêt constant pour le western « authentique ». Recréer l’ambiance du XIXᵉ siècle aide réellement à mieux comprendre les origines du western ; nous essayons d’apporter une part historique et d’expliquer comment cela se passait vraiment à l’époque. Un souvenir marquant du public : une artiste qui, en nous voyant, a décidé de faire une toile de nous lors d’un salon.

À travers ces démonstrations, je veux simplement transmettre de la joie et du rêve, comme ceux que j’ai ressentis en regardant mes premiers spectacles.

Une anecdote à Carchet City : lors de ma toute première représentation, je jouais un bandit et, en simulant ma mort, je me suis jeté — involontairement bien sûr — dans un cactus. Maintenant, je fais attention !

Pour moi, le western Old Time et le western moderne partagent les mêmes valeurs, même si certaines choses ont évolué.

Cette expérience m’apporte personnellement exactement ce que j’essaie de transmettre au public : de la joie et du rêve.

✨ Merci à Julien pour son temps, son partage et sa bienveillance. Et merci pour son engagement à placer le cheval au centre, toujours ! ✨

Pour le contacter :

🌟 Si vous deviez retenir une chose du western « Old Time », ce serait quoi ? On attend vos impressions en commentaire 👇

Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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