RENCONTRE avec… Léa, TravelCowgirl !

Direction la frontière entre la Lozère et l’Ardèche pour découvrir le parcours hors norme de Léa, plus connue sous le nom de TravelCowgirl.
🎙️Entre équitation western, immersion dans les vrais ranchs américains, entrepreneuriat et détermination sans faille, elle nous raconte comment un rêve est devenu une réalité très concrète : acheter et faire vivre son propre ranch. Une histoire forte, brute, inspirante, qui parle de choix de vie, de travail, et de liberté.

⭐ Liberté ⭐ Détermination ⭐ Authenticité ⭐

🤠 Je m’appelle Léa, alias TravelCowgirl sur les réseaux sociaux ! Je suis coach business, et plus récemment agricultrice : je viens d’acheter mon ranch à la frontière de la Lozère et de l’Ardèche. J’ai connu l’équitation western lorsque j’avais 15 ans (j’en ai 34 aujourd’hui) grâce notamment à Laurent et Théo Balembois, de Randals Bison (30), pendant un salon du cheval à Montpellier. Ensuite je me suis auto-adoptée dans leur ranch pendant les 20 dernières années ! C’est là-bas que j’ai notamment connu le ranch sorting, et que l’idée d’avoir mon propre ranch un jour a germé.

📖 Ton histoire ?

Avant, j’étais kinésithérapeute. Au bout d’à peine 3 ans à travailler dans ce domaine, j’ai fait un burn-out, et j’ai eu un grave accident de cheval. J’ai remis toute ma vie en question en me demandant ce que je voulais vraiment faire de ma vie : j’ai tout plaqué, vendu ma voiture et lâché mon boulot, et je suis partie travailler comme assistante entraineur dans le domaine du cowhorse et du cutting aux USA.

Je n’avais pas vraiment d’attentes, tout ce que je savais, c’est que je voulais changer de vie, et fuir ma vie actuelle, être vraiment heureuse au quotidien, et vivre de ma passion à cheval.

Je savais que ça allait être difficile, j’ai de nombreux amis qui sont partis travailler dans les ranchs aux USA avant que j’y aille. Mais je savais aussi que si je ne changeais rien, ma vie allait rester la même jusqu’à la retraite !

Mon objectif était de travailler des chevaux de cowhorse et de cutting toute la journée, pour prendre un maximum d’expérience et pouvoir travailler mes propres chevaux. Je n’avais pas particulièrement d’objectif professionnel dans le domaine, je voulais juste emmagasiner le plus d’expérience possible pour ne pas avoir à dépendre d’un entraineur ou d’un coach lorsque j’aurai mes propres chevaux un jour. On apprend très peu le débourrage ou le travail du jeune cheval en France, même si c’est moins rare de nos jours. A l’époque, à moins de travailler dans le domaine équestre, ce n’était pas possible.

Je voulais aussi découvrir la « cowboy life », et j’ai été servie ! C’était une des expériences les plus difficiles mais aussi les plus incroyables de ma vie. Aujourd’hui, ce serait sûrement différent, car j’ai un mental forgé par les années, je parle anglais couramment, et avec les réseaux sociaux c’est facile de rester en contact avec le monde extérieur.

Mais à l’époque, c’était très différent ! L’immersion était totale, sans accès à internet, sans beaucoup d’argent, et… je ne parlais pas un mot d’anglais lorsque je suis partie aux USA ! Ça me faisait très peur de ne pas réussir à me faire comprendre. Mais j’ai appris, galéré, et aujourd’hui je parle anglais couramment, j’ai même traduit des séminaires en direct ! Comme quoi tout est possible !

🏜️ Les USA

En France, on considère souvent les chevaux comme des objets de loisirs, on est déconnectés de la réalité, de ce qu’est un cheval et de ses besoins. Souvent on les enferme dans des boxes et ils ne sortent pas. Je trouve que c’est heureusement en train de changer.

Aux USA, dans les vrais ranchs, les chevaux sont des outils de travail, ils vivent dehors et sont rustiques. La relation est très différente. Le cheval est un partenaire, pas une poupée Barbie. Évidemment, dans le milieu de la compétition, c’est un peu différent, mais la mentalité n’est pas la même qu’en France.

Travailler dans les ranchs aux USA (je parle de vrais ranchs, pas de Guest Ranchs), c’est un peu comme partir faire l’armée : peu importe qu’il neige ou qu’il fasse 40 degrés : tu te lèves à 5h du matin, tu te couches tard, tu n’as pas de week-ends, tu n’es pas très bien payé, tu risques ta vie tous les jours en débourrant de jeunes chevaux, t’as froid parce qu’il gèle, t’as faim parce que t’as pas le temps de manger à midi. On vit loin des villes, on n’a pas internet, on ne peut compter que sur un nombre restreint de personnes ou sur soi-même, et on trouve toujours des solutions, peu importe la situation, car personne ne viendra t’aider.

Régulièrement, tu affrontes la mort de près ou de loin. Ça m’a forgé un mental de guerrière. Je suis persuadée que c’est une des raisons pour lesquelles j’ai atteint mes objectifs si vite dans les business que j’ai créé par la suite (qui n’ont rien à voir avec le milieu western) : quand on a vécu ça, tout le reste parait tellement plus simple ! Quand le taff doit être fait, peu importe qu’il neige ou que tu sois fatigué, les chevaux ne vont pas se nourrir tout seuls !

🌟 Tes moments forts

J’ai eu la chance de faire le Round Up des bisons du Custer Park à cheval (le grand rassemblement annuel des bisons, dans le Dakota du Sud). A l’époque (je l’ai fait il y a 8 ans), il n’y avait pas tous les touristes d’aujourd’hui. On a bossé 2 jours, les rangers du parc avaient besoin d’aide.

Mon patron de l’époque voulait qu’on en profite pour travailler nos jeunes chevaux en même temps, je me suis donc retrouvée sur une jeune jument de 3 ans, débourrée depuis quelques semaines, aussi terrorisée que moi, à galoper pleine balle au milieu des troupeaux de milliers de bisons qu’on devait séparer, avec des grands mâles d’1 tonne qui nous passaient à côté ou nous fonçaient dessus, avec les fouets des Rangers qui claquaient. C’était irréel, et c’était intense ! Je suis heureuse de l’avoir vécu !

Autre situation, plus dangereuse : un matin, mon patron était parti en show (compétition) dans un autre état, et je travaillais les jeunes chevaux toute seule, au ranch. J’ai décidé d’aller dans les parcs en extérieur pour sortir un jeune poulain.

En rentrant vers le ranch, j’ai senti quelque chose approcher : une tornade s’était formée derrière moi, à quelques kilomètres, je ne l’avais pas vu approcher, je suis rentrée immédiatement au galop jusqu’au ranch, et j’ai eu quelques secondes pour fermer la porte du Barn avant que la tornade ne ravage les barrières que je venais de fermer : je les ai vues passer à 5 mètres du sol devant moi ! Je ne savais pas où se trouvait le shelter (le refuge) dans le ranch (souvent, ils sont situés sous les maisons) et j’ai eu la peur de ma vie, j’ai attendu avec les chevaux, en priant pour qu’on ne se fasse pas emporter ! On a eu chaud ce jour-là !

⏭️ Les suites ?

Je savais que je voulais acheter mon ranch, un jour. Un ranch sans patron, avec mes chevaux et mes vaches, pour pratiquer le cowhorse et le cutting autant que je veux, mais sans dépendre des clients de débourrage ou des pensions équestres.

Je suis rentrée en France après environ 2 ans aux USA et en Nouvelle Zélande à travailler dans les ranchs.

Lorsque je suis rentrée des USA, et que j’ai décidé d’acheter mon ranch, je savais qu’il allait falloir que je crée des business qui me permettent d’être libre, et surtout d’investir dans une ferme sans en devenir esclave (aussi bien financièrement qu’en terme de temps, si je ne pouvais pas déléguer). Je savais qu’il existait des business en ligne, mais je ne savais pas du tout comment ça fonctionnait. J’ai donc tapé « comment devenir riche » (j’ai vraiment fait ça !) sur Youtube, et j’ai découvert l’entrepreneuriat.

Je me suis énormément formée, tout ce que j’ai gagné comme kiné (j’avais repris ce métier en rentrant en France), je l’ai réinvesti dans des formations : marketing, immobilier, développement personnel, vente, réseaux sociaux, … J’ai charbonné pendant plus de 3 ans non stop ! Je me levais à 5 h, je suivais mes formations, j’allais travailler dans mon job de 8 h jusqu’à 19 h, puis je reprenais mes formations jusqu’à 23 h / minuit. En général, je faisais une courte sieste (directement sur les tables de massage de mon cabinet de kiné) à midi pour tenir.

Ça a été intense, mais ça valait le coup ! J’ai souvent échoué, recommencé, encore et encore. Et aujourd’hui, j’ai créé plusieurs entreprises (coaching, e-commerce, immobilier, …) grâce auxquelles j’ai pu acheter mon ranch. Je partais vraiment de zéro, je n’ai pas d’entourage entrepreneurial, mais j’avais vraiment la rage de réussir : je ne pouvais pas passer à côté de ce rêve, sinon j’allais le regretter toute ma vie.

Travelcowgirl était déjà le nom de mon compte Instagram, sur lequel je partageais ma vie pour mes amis, et le business a vu le jour à la même période. J’ai gardé le nom ! Je viens d’acheter mon ranch il y a 15 jours, mission accomplie.

🏜️ Ton ranch ?

Quand je suis rentrée des USA, j’ai décidé que mon rêve allait devenir un objectif : la différence entre un rêve et la réalité, c’est juste une date. Je me suis autorisée à rêver beaucoup plus grand que ce que j’aurai osé faire de ma vie à la base.

Dans mon ranch, je vais élever des vaches allaitantes, des Black Angus. Je ne vais pas faire d’élevage équin, ça ne m’intéresse pas. On va organiser quelques initiations au tri de bétail à cheval, et j’aimerais faire venir plusieurs amis entraineurs américains régulièrement pour donner des clinics dans le cutting et le cowhorse.

Le rêve de monter son ranch, bien sûr, c’est accessible à tous, mais malheureusement uniquement si vous êtes prêts à travailler dur : que ce soit au niveau agricole, ou en développant un patrimoine financier qui vous permettra d’atteindre plus facilement votre objectif. Mais il n’y a pas de secrets, il faut se former, apprendre, et passer à l’action. Ça ne tombera pas du ciel !

💬 Le mot de la fin ?

Les décisions que tu as prises (ou pas prises) il y a 5 ans t’ont amené là où tu en es aujourd’hui : sur les plans financiers, professionnels, familiaux, santé, etc. Si tu veux que ta vie change, il va falloir changer quelque chose maintenant. Sinon, dans 5 ans, ta vie n’aura toujours pas changé. Ni dans 10 ans. Ni dans 50 ans. Bon, et à la fin, on meurt, c’est dommage quand même !

Je n’ai personnellement pas pour objectif de développer encore plus fort TravelCowgirl. J’ai déjà plus d’un millier d’élèves dans mes programmes, et j’aime sélectionner les personnes qui y rentrent. Je n’ai pas besoin de gagner des millions. Mon objectif, c’était de devenir libre, puis d’acheter mon ranch. Maintenant, je continue parce que j’adore ce que je fais mais je n’en ai pas vraiment besoin. On a des centaines de demandes tous les mois, mais je préfère rester à échelle humaine avec une petite équipe familiale.

Pour l’instant, ma priorité, c’est de développer mon activité d’élevage avec mes vaches !

✨ Un immense merci à Léa pour la sincérité de son témoignage, la richesse de son parcours et le temps qu’elle a pris pour partager son expérience avec la communauté EWF. ✨

Pour les contacter :

👉 Et vous, qui rêve un jour de monter son propre ranch ? Rêve lointain, projet en cours ou simple idée qui germe… racontez-nous en commentaire 👇

Pierre Pelerin
Pierre Pelerin

Passionné d’équitation western, j’ai créé la page facebook EWF pour mettre en lumière les acteurs du monde western à travers des interviews et témoignages de compétiteurs, éleveurs, entraîneurs, organisateurs et passionnés de toutes les disciplines.

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