⭐ Immensité ⭐ Intensité ⭐ Emotion ⭐
Je m’appelle Isabelle Arnon, et je suis photographe spécialisée dans les chevaux, passionnée de Nature et de grands espaces.
🌱 Tes débuts ?
J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de sept ans. Je ne sais pas d’où c’est venu, (peut-être de mon Poitou natal et de ce voisin qui possédait une jument de trait appelée Coquette) mais cela ne m’a pas quittée. Le cheval m’émeut. C’est un merveilleux compagnon, attentif, soucieux, craintif, docile, réfléchi. Ce qui me passionne le plus dans l’univers du cheval, c’est le cheval lui-même et non une discipline ou une autre. J’ai toujours monté à cheval, sans pour autant l’avoir inclus dans mon parcours professionnel.
Puis en 2000, à l’âge de trente-quatre ans, je me suis inscrite aux Beaux-Arts pour quatre années de formation. Cette évolution dans mon parcours personnel m’a permis de réaliser mes aspirations premières, celles de l’art. J’y ai étudié la peinture, la sculpture et la photographie dont j’ai fait mon médium de prédilection.
C’est dans ce mode d’expression que j’ai trouvé un équilibre entre patience et réactivité, travail en extérieur et confinement d’une chambre noire, attente et révélation, surprise de ce que le hasard offre parfois en 1/1000ème de seconde. La photographie mêle composition, réactivité, émotion, captation, patience, vitesse et observation bien sûr. Comme le disait Cartier Bresson, la photo c’est : « Mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur ».
Lorsque je suis sortie des Beaux-Arts après quatre années d’études, j’ai intégré l’équipe de Cheval Magazine dont les bureaux se trouvaient dans mon village, à Montfort-L’Amaury. La photographie équine alliait alors mes 2 passions, les chevaux et la photo.
Les Beaux-Arts m’ont beaucoup apporté : rigueur, organisation de la pensée, cohérence, connaissance, réflexion. Mais c’est la presse et ses exigences qui m’ont appris à produire un travail le plus impeccable possible.
📰 La presse équestre ?
J’ai effectué pour la presse équestre toutes sortes de reportages, tous passionnants, que ce soient sur les métiers qui gravitent autour du cheval (fort nombreux), les gens de spectacle, de cinéma, la garde républicaine, la Fantasia au Maroc, des champions de sports équestres, des élevages, des concours…
Cette expérience m’a apporté une habitude de travail et de la rigueur. Plus on fait de photos et plus la prise de vue devient instinctive. Moins on a besoin d’y réfléchir.
J’ai travaillé plus de 15 ans pour Cheval Magazine et j’en garde un très bon souvenir. Je n’ai plus de collaboration avec la presse actuellement car ce monde a beaucoup changé. Le statut de photographe aussi. Mais j’ai conservé de belles amitiés avec d’anciennes collègues de la presse.
🏜️ Le Wyoming ?
📸 La technique ?
📖 « A Ranch Year »
Je ne savais pas que mes photos allaient devenir un livre, je l’espérais juste. Et puis un jour, on envoie quelques courriers et parfois on a la chance d’une réponse positive, et un livre voit le jour.
Le mien s’appelle « A Ranch Year ». Il va du printemps au printemps suivant, même si les photos n’ont pas toutes été prises au cours d’une seule année. Il retrace les différentes activités au fil des saisons.
J’ai ramené à peu près 10 000 photos. J’ai fait ma sélection comme je le faisais pour la presse, selon des critères de netteté, d’équilibre, de ce que cela raconte. Je procède par élimination. Cela m’a pris beaucoup de temps, y compris de les travailler toutes en noir et blanc et d’en soigner au mieux les contrastes. Une fois la sélection faite, il faut encore choisir et donc renoncer à certaines. C’est toujours un dilemme.
Le moment du quotidien le plus photogénique est incontestablement le branding (marquage des veaux). Des cowboys et cowgirls concentrés sur leur travail d’équipe. Équipe entre eux, équipes aussi avec leurs chevaux, véritables partenaires de travail. C’est un ballet, des tournoiements de lassos, des cris et sifflements, des meuglements incessants, le tout noyé dans la poussière. C’était incroyable, toujours pareil et pourtant chaque fois différent. Pas la même lumière, pas les mêmes nuages, pas forcément les mêmes chevaux ou cowboys, pas le même ranch. Mais toujours le même bonheur d’en être et de ne pas en revenir.
La photo qui me touche le plus est celle de la couverture que l’on retrouve en double page dans le livre. Des cowboys vus de dos, qui s’éloignent… Un monde qui peut-être tend à disparaître. Pourtant le mythe perdure et fait toujours rêver, en témoignent les nombreuses séries sur le thème du western. Intemporel, indémodable, fascinant, attirant. Sans cesse revisité. Un engouement qui lui ne s’éteint pas.
Les photos que je regrette le plus sont celles que je n’ai jamais eu l’occasion de prendre. Des cowboys ou cowgirls qui passent l’été dans des campements en montagne pour surveiller le troupeau par exemple.
Ce que j’aimerais transmettre au lecteur ? L’authenticité et l’immersion dans un monde secret.
🤠 Les cowgirls et cowboys
Ce qui m’a le plus frappée dans la personnalité des cowgirls et cowboys est leur authenticité, leur lien à la Nature, leur attachement à ce mode de vie très rude et peu payé et auquel ils ne renonceraient pour rien au monde, conscients que l’argent n’est pas une fin en soi. Également leur courage et un lien familial très fort, au sein du couple mais aussi avec leurs parents et enfants. Leur humilité, l’héritage d’un savoir-faire ancestral, la transmission de génération en génération…
Il faut oublier le mythe du cowboy tranquille et solitaire jouant de l’harmonica auprès du feu de bois… La réalité est tout autre : les soins aux vaches et aux veaux (vaccins par exemple), la surveillance, les ferrures qu’ils font eux-mêmes, les réparations en tout genre (clôtures, matériel), les distributions de fourrage l’hiver, les branding, changements de pâtures, ventes de bétails, les naissances durant lesquelles certains se lèvent toutes les deux ou trois heures pour vérifier qu’il n’y a pas de problèmes, les températures extrêmes qui peuvent descendre jusqu’à -35 et atteindre 40 degrés l’été), etc…
🐴 Et leurs chevaux ?
🗨️ Le mot de la fin ?
✨ Merci à Isabelle pour sa générosité, son partage et pour nous offrir, à travers ses images, une porte d’entrée vers un mode de vie aussi rude que fascinant. ✨
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