⭐ Précision ⭐ Technique ⭐ Passion ⭐
Je m’appelle Capucine, j’ai 31 ans et je suis originaire du nord de la France. J’ai commencé l’équitation très jeune, en équitation classique comme beaucoup, et j’ai intégré un sport-étude équitation au lycée, ce qui a posé les bases de mon parcours professionnel dans le milieu équestre
Depuis bientôt quatre ans, je vis sur le ranch Randals Bison, dans les Cévennes. J’y ai mes chevaux à la maison et je travaille maintenant à mon compte en tant qu’entraîneuse de chevaux en équitation western, axée sur le travail du bétail. Mon objectif est d’allier technique, respect du cheval et précision dans le travail du bétail, dans un environnement idéal pour développer des chevaux de ranch polyvalents et sereins.
🐄 Tes débuts en ranch sorting ?
Ma première expérience en tri de bétail remonte à mon stage au ranch Randals Bison, en 2010, durant ma formation en sport-étude. Je me souviens avoir été très impressionnée par le calme des chevaux de tri, capables de rester concentrés face aux vaches, alors que certains chevaux de classique peuvent s’emballer devant une mouche !
Ce qui m’a vraiment marqué, c’est la polyvalence des chevaux de ranch : ils restent calmes et fiables en extérieur, réactifs et alertes devant une vache, et précis lorsqu’il s’agit de travailler dans le troupeau. C’est pour cette combinaison de qualités et la relation avec le cheval que je me suis orientée vers le ranch sorting et ça a posé les bases de tout ce que je fais aujourd’hui en équitation western.
En montant à cheval à Randals Bison, j’ai rapidement été amenée à m’intéresser à toutes les disciplines liées au tri et à la manipulation du bétail. Le ranch sorting s’est imposé naturellement, car c’est une discipline qui valorise la précision et la réactivité du cheval ainsi que la qualité du partenariat cavalier-monture, le tout dans une approche sportive du tri.
Ce qui m’a attirée dans le ranch sorting, c’est l’équilibre qu’il demande entre technicité, dynamisme et lisibilité. C’est une discipline très accessible, mais qui demande beaucoup de précision et de réactivité, autant de qualités que j’apprécie particulièrement dans le travail du bétail. J’aime aussi le fait que ce soit un vrai travail d’équipe, où le timing et la communication entre les deux cavaliers sont essentiels.
Personnellement, j’adore en parallèle le ranch cutting. C’est une discipline exigeante, très fine, et qui met en valeur la vraie polyvalence du cheval de ranch. Elle complète parfaitement le ranch sorting et nourrit mon approche du travail avec les chevaux au quotidien.
Au début, je faisais quelques gos avec les copains, pour m’amuser et découvrir la discipline. Mais c’est vraiment depuis l’achat de ma première jument, il y a quatre ans, que je me suis investie pleinement dans les compétitions de ranch sorting.
🌟 Tes inspirations ?
Je n’ai pas vraiment de mentor dans le ranch sorting. Au début, j’étais surtout impressionnée par les meilleurs cavaliers français et italiens, ceux que je voyais en compétition et qui m’ont donné envie de progresser dans la discipline.
Avec le temps, j’ai élargi mes inspirations et je me suis beaucoup intéressée au travail des cavaliers américains, et surtout des cavaliers brésiliens. Je suis impressionnée par leurs façons d’aborder le travail du bétail et la technicité qu’ils apportent à la discipline. Je suis notamment admirative du travail de João Paulo Caixeta, qui a détenu le record du monde en ranch sorting pendant plusieurs années (18,918 secondes !). Et j’ai la chance de faire partie d’un petit groupe de Français qui partira au Brésil en février prochain pour se former avec lui.
🏋️♂️ L’entraînement ?
Quotidiennement, je me concentre sur le travail avec mes chevaux et sur la progression de chacun. Mais d’une manière générale, chaque séance permet d’améliorer la technique, la communication et le partenariat avec les chevaux, afin de préparer les concours à venir.
Les semaines d’entrainement varient selon les objectifs et les compétitions. J’essaye d’équilibrer technique, condition physique et plaisir. Je fais beaucoup de séances pour affiner la réactivité et la précision de mes chevaux et je varie les exercices d’assouplissement et de maniabilité. Le travail inclut aussi des trottings pour le cardio et des moments de travail à pied pour renforcer la relation.
Je travaille beaucoup sur le plat et à l’aide du procutter. L’essui glace est mon exercice favori. Je demande au cheval de réaliser des passes de cutting contrôlées sur le plat, en demandant réactivité et dynamisme. L’objectif est que le cheval soit concentré sur ma demande tout en restant précis et qu’il gagne ensuite en rapidité sans perdre en fluidité.
Je travaille majoritairement seule pour perfectionner la technique du cheval, sa réactivité et sa précision. Mais les séances de cardio en extérieur se font souvent à plusieurs. Alterner les deux me permet d’obtenir des chevaux polyvalents, fiables et qui s’adaptent à toutes les situations.
🐴 Le cheval idéal ?
Pour ma part, j’ai principalement des Quarter Horses et une Paint Horse. J’aime particulièrement les chevaux petits et compacts, à la fois solides et agiles, capables de réagir rapidement tout en restant précis dans leurs déplacements. Côté mental, j’aime les chevaux confiants mais attentifs, capables de rester calmes face au bétail tout en répondant rapidement aux aides du cavalier. La polyvalence et la combinaison de calme, d’explosivité et de précision est, selon moi, essentielle pour performer avec le bétail.
Pour améliorer la communication avec mes chevaux, je travaille beaucoup sur des exercices de précision et de réactivité. Les codes à la voix et le poids du corps sont des aides pour être encore plus lisible par le cheval. L’idée est que chaque signal soit compris rapidement par le cheval, afin que la communication devienne fluide, et que nous soyons parfaitement synchronisés.
Pour moi, la progression se mesure autant à la qualité du partenariat qu’aux résultats en compétition. Je suis presque autant contente lorsque mon cheval progresse en entrainement, qu’il réussit un exercice qu’il n’arrivait pas à faire auparavant, que lorsque nous gagnons une compétition. Je pense que chaque réussite, même petite, est un indicateur que notre complicité et notre technique s’améliorent.
🏆 Les concours ?
En compétitions, je me fixe chaque go comme un nouvel objectif, une nouvelle opportunité de donner le meilleur de soi et des chevaux. Je fais aussi attention à mon énergie et à celle des chevaux : garder un rythme régulier et bien gérer les pauses.
Pour gérer la pression, je me concentre toujours sur ce que je peux contrôler : mon cheval, mes choix et mes actions. Je prends le temps de respirer avant le go, et j’essaye de me rappeler que la pression est normale et qu’elle fait partie du jeu. Par contre, elle ne doit pas prendre le dessus. Alors je pense que rester concentrée et connectée à mon cheval est la meilleure façon de transformer la pression en performance.
Je ne sais pas si c’est un rituel, mais souvent j’essaye de rentrer dans les ronds de manière dynamique. Je mets un peu d’énergie et je fais une passe d’essuie-glace pour m’assurer que mon cheval est bien attentif et synchro avec moi. Ça me permet de vérifier notre connexion avant de commencer, et ça m’aide à transformer l’excitation en concentration.
Pour moi, la clé d’un tri réussi est avant tout la précision. La vitesse seule n’a que peu de valeur si le cheval et le cavalier ne sont pas justes dans leurs déplacements. Un mouvement précis permet de mieux contrôler le bétail. Bien sûr, la vitesse est importante et vient naturellement lorsque la précision est acquise. C’est l’équilibre entre les deux qui fait la réussite d’un tri : rapidité et précision doivent se répondre.
❌ Les erreurs ?
Selon moi, une erreur technique fréquente est de ne pas anticiper correctement les déplacements du bétail. Une mauvaise lecture ou une absence d’anticipation peut vite déséquilibrer le go, même avec des chevaux réactifs et précis. En ranch sorting, il faut observer attentivement le troupeau, anticiper les mouvements et rester en connexion avec son cheval. C’est cette capacité à lire le bétail et à agir en conséquence qui fait toute la différence dans un tri réussi.
Si je perds une vache, je me concentre sur la lecture du bétail et sur la communication avec mon cheval pour corriger rapidement la trajectoire et récupérer la vache. L’important est d’essayer de se concentrer sur la précision et la réactivité plutôt que de paniquer ou se précipiter.
Après une erreur ou une vache ratée, je prends toujours un moment pour essayer d’analyser ce qui s’est passé. Je pense que l’important, c’est de transformer chaque erreur en apprentissage pour le prochain go.
👥 Les coéquipiers ?
La cohésion avec le coéquipier est essentielle en ranch sorting. Chaque décision, chaque mouvement doit être synchronisé pour que le travail dans les ronds soit fluide et efficace. Sans communication et stratégie commune, même les chevaux les plus performants perdront en précision et en rapidité.
Pour moi, la cohésion entre cavaliers, l’échange et l’observation mutuelle, c’est ce qui fait la différence et rend la discipline encore plus passionnante.
S’il y a bien une discipline où la camaraderie prime sur la rivalité, c’est bien le ranch sorting. Bien sûr, chacun cherche à donner le meilleur de soi en compétition, mais ce qui compte vraiment, c’est la convivialité, le partage, et l’entraide entre cavaliers.
💫 Tes moments forts ?
Ma plus grande fierté n’est pas directement liée à une victoire en compétition, mais plutôt aux chevaux qui, au départ, ne semblaient pas avoir beaucoup de potentiel ou que personne ne croyait vraiment capables de réussir. Les voir progresser, gagner en confiance et finalement briller dans les épreuves est une immense satisfaction. Pour moi, chaque réussite avec ces chevaux « pas au niveau » ou « qu’il faut vendre », chaque moment où un cheval dépasse les attentes, c’est tout aussi précieux, voire plus, que n’importe quel titre ou médaille.
Les compétitions les plus mémorables que j’ai vécus sont sans aucun doute le « Ranch Sorting Trophy Ice Special Event » au Cowboys’ Guest Ranch (à Voghera, en Italie) en 2024, et chaque année, les Authentic Cowboys organisés à Randals Bison. Ce sont deux compétitions qui transmettent pleinement l’esprit du ranch sorting : l’enjeu, la compétition, l’ambiance unique, l’énergie des participants.
Je pense que ma plus belle victoire était à Voghera l’année dernière, dans la catégorie 12 points (la plus haute en Italie), avec Rainy, ma jeune jument qui n’était pas encore autant expérimentée (je l’avais prise parce que ma jument de tête était blessée). Elle a prouvé qu’elle avait énormément de potentiel et cette expérience nous a permis de nous rencontrer vraiment en créant un vrai partenariat. En plus, je partage cette victoire avec mon compagnon, Nathan Balembois, ce qui la rend encore plus belle. Finalement, c’était une victoire à la fois équestre, sportive et humaine.
Et enfin, l’ambiance qui m’a le plus impressionnée reste celle d’Equita Lyon. Le public est à la fois impressionnant et galvanisant : sentir cette énergie dans les gradins, avec des spectateurs attentifs et passionnés, crée une tension incroyable tout en motivant à donner le meilleur de soi et de son cheval. Ce mélange d’excitation et de concentration rappelle à quel point le ranch sorting peut être spectaculaire et intense, même en dehors des ranchs ou des compétitions classiques.
🐮 Le ranch sorting ?
Ce que j’aime le plus dans le ranch sorting, c’est cette combinaison de technique, de précision et de réactivité. Chaque mouvement compte, chaque décision a un impact immédiat, et il faut sans cesse rester attentif à son cheval et au bétail. J’adore aussi le côté ludique et coopératif de la discipline : c’est exigeant, mais c’est très enrichissant de travailler avec son cheval en équipe. Pour moi, c’est cette alliance entre technique et plaisir qui rend le ranch sorting si passionnant.
Je pense que le plaisir et la performance sont indissociables. Si on ne prend pas de plaisir à monter, à travailler et à participer aux compétitions, la performance perd beaucoup de son sens. Et c’est pareil pour les chevaux : c’est en rendant les exercices agréables et stimulants que l’on obtient une vraie qualité de travail et des résultats.
Le ranch sorting, c’est exigeant, mais c’est aussi un vrai jeu. Alors, bien sûr, viser la performance reste un objectif important, mais je pense qu’elle n’a de valeur que si elle s’accompagne de plaisir, de confiance et de complicité avec le cheval. Et finalement, c’est ce qui rend le ranch sorting à la fois challengeant et passionnant. C’est aussi un sport de confiance et de respect : confiance envers son cheval, respect du bétail et de son partenaire.
Je pense que pour performer à haut niveau, il faut accepter des journées longues, entre l’entraînement des chevaux, la préparation du matériel, le travail quotidien au ranch et les déplacements pour les compétitions. Il faut aussi faire preuve de patience et de constance, accepter que le progrès soit parfois lent, et mettre beaucoup d’énergie dans l’amélioration du cheval et du partenariat. Mais tous ces sacrifices restent motivants, car chaque progrès, chaque réussite en compétition ou avec un cheval qui progresse rend l’investissement gratifiant.
Le ranch sorting fait travailler la patience, la persévérance et la capacité à rester concentrée sous pression. C’est une discipline qui m’a aussi montré l’importance de l’écoute, non seulement envers son cheval, vis-à-vis de son coéquipier, et surtout envers soi-même : savoir quand agir, quand attendre, et comment transformer chaque situation en apprentissage. Enfin, le ranch sorting aide à apprendre à s’adapter rapidement et à rester calme même dans l’imprévu.
Mes conseils seraient de prendre le temps, de commencer progressivement, de ne pas avoir peur de faire des erreurs et de profiter de chaque moment de travail avec le cheval.
💬Et la suite ?
Mon objectif principal cette saison est de continuer à progresser avec mes chevaux, et notamment avec mon jeune étalon arrivé cet été, pour construire un partenariat solide et précis.
Beaucoup de gens pensent que le ranch sorting, c’est juste courir après des vaches dans une sorte de cour de récréation où la technique n’a pas d’importance. Mais pour moi, la technique et la précision doivent venir au service du jeu. C’est en rendant les choses faciles pour le cheval que cela devient fluide pour le cavalier. Je souhaite que ma monte reflète ces valeurs, tout en gardant bien sûr le côté ludique et l’esprit d’équipe qui font le charme de cette discipline.
✨ Merci à Capucine d’avoir pris le temps de nous parler de son parcours, de sa vision de la discipline et de son engagement auprès des chevaux ! ✨
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